Université McGill: aider les chercheurs à commercialiser leurs inventions

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Le Centre Dobson épaule la communauté de McGill en matière d’idéation, de validation, d’accélération et de collecte de fonds.
Photo Fournie Le Centre Dobson épaule la communauté de McGill en matière d’idéation, de validation, d’accélération et de collecte de fonds.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Transformer de bonnes idées nées à l’Université McGill en entreprises, c’est ce que plusieurs initiatives de l’établissement permettent de faire. Le Centre Dobson et le nouveau Fonds d’innovation de McGill épaulent étudiants et professeurs en matière d’innovation et d’entrepreneuriat.

Mentorat, concours, financement… plusieurs programmes proposent à la communauté de l’établissement d’études supérieures d’aller au bout de ses concepts en les aidant dans leur mise en place, mais aussi dans leur commercialisation.

Parmi eux, le centre I + P (Innovation et Partenariat) de l’université, dont la mission première est de réunir les chercheurs et les entreprises afin de générer des connaissances et des technologies. « Notre bureau est comme le guichet unique pour l’industrie », résume Mark Weber, directeur de l’innovation et des partenariats à McGill, qui est également à la tête du bureau I + P.

C’est d’ailleurs sous le leadership de M. Weber que le Fonds d’innovation de McGill a été lancé en 2021, pour le 200e anniversaire de l’université. C’est une façon d’aider à financer les inventions et les innovations créées entre les murs de l’université par des professeurs et des étudiants de cycles supérieurs de McGill. « Nous arrivons à un certain développement avec les fonds gouvernementaux quand il s’agit de faire de la recherche. Mais une fois cette étape terminée, pour la commercialisation, c’est plus difficile de trouver de l’argent », explique-t-il.

Des découvertes qui sont encore considérées comme un investissement trop audacieux pour intéresser les sociétés de capital-risque. « À McGill, nous avons une réputation, beaucoup de diplômés, beaucoup de soutien et de réseaux. Mais s’il n’y a pas d’argent, c’est beaucoup plus difficile », ajoute-t-il.

Financé en grande partie par l’établissement, le bureau I + P se divise en trois parties : découverte, développement et déploiement. « Les deux premières étapes sont plutôt pour les technologies qui sont en laboratoires ou presque prêtes à sortir du laboratoire. Les chercheurs doivent faire un peu de travail pour montrer qu’ils peuvent vraiment en tirer une technologie commercialement viable. Ils n’ont pas nécessairement besoin d’être sous la forme d’entreprises à ce stade », dit M. Weber. Et à l’étape de déploiement, les chercheurs ont déjà obtenu une licence et la propriété intellectuelle d’une invention à McGill, poursuit-il.

Un incubateur pour propulser les talents

 

Les entrepreneurs en herbe de McGill disposent d’un autre levier pour les épauler dans leurs visées : le Centre Dobson. La mission de l’établissement fondé il y a une quinzaine d’années est d’être la plaque tournante de l’entrepreneuriat à l’université. Contrairement au Fonds d’innovation ouvert seulement aux étudiants de cycles supérieurs et aux professeurs, le Centre Dobson est plus accessible. Il est ouvert à « tous les étudiants, les professeurs et toute personne qui travaillent à McGill ayant une idée. Ils peuvent venir nous voir et nous demander quel est le potentiel de commercialisation de cette innovation », explique Marie-Josée Lamothe, professeure praticienne à la faculté de gestion Desautels de l’Université McGill et directrice académique du Centre Dobson. « Le Centre Dobson a une vocation seulement en affaires, alors que le Fonds d’innovation soutient l’innovation à l’intérieur des différentes facultés durant leur développement », précise-t-elle.

Le centre épaule la communauté de McGill en matière d’idéation, de validation, d’accélération et de collecte de fonds. Les participants peuvent prendre part à un tournoi d’entrepreneuriat : la Coupe Dobson. « Dans ce programme, on les aide à développer des plans d’affaires fermes, on s’assure qu’ils sont bien incorporés, etc. », énumère Mme Lamothe.

Les jeunes gazelles peuvent ensuite bénéficier de l’accélérateur XOne du Centre. « On leur demande de se dévouer à leur entreprise pendant tout un été durant lequel on les compense légèrement pour qu’ils ne soient pas obligés de travailler en même temps », souligne Mme Lamothe. Une étape cruciale afin de les préparer à parler à des investisseurs, des anges financiers ou des sociétés de capital-risque.

Les entreprises présentant le plus fort potentiel sont ensuite invitées à participer à la Tournée internationale de financement préamorçage, créée par le Centre Dobson en partenariat avec Investissement Québec. Ainsi, ces jeunes pousses voyagent dans plusieurs grandes villes du monde et rencontrent des investisseurs afin de collecter des fonds plus facilement. « On demande à nos entreprises les plus prometteuses de faire leur pitch », explique Marie-Josée Lamothe.

Cette année, ce sont 20 entreprises en démarrage qui prendront part à la tournée. Notons que depuis 2019, 50 % des jeunes pousses épaulées par le Centre Dobson ont été cofondées par des femmes. Un taux qui a pu être atteint grâce à la création du programme Entrepreneurial lean startup for women, qui offre un soutien additionnel aux participantes dès le début de leur processus entrepreneurial. « Je suis surprise de voir à quel point toutes les femmes sont heureuses de s’y retrouver, observe Mme Lamothe. Ça leur donne un sentiment de confiance qui les aide à évoluer. »

C’est une initiative que McGill compte étendre à d’autres minorités issues de la diversité. Ainsi, l’Université s’affaire à développer un partenariat visant à encourager l’entrepreneuriat africain. « C’est une clé vers le succès pour les hauts potentiels qui se sentent isolés », estime la professeure.

Combler un manque

 

Autant le Fonds d’innovation de McGill que le Centre Dobson visent à donner les moyens financiers aux jeunes entrepreneurs pour faire de leur invention une réalité commerciale. « Il y a un moment durant lequel la plupart des investisseurs sont réticents parce que le risque est très élevé. C’est là où, nous, on veut amener du soutien et faire une différence », explique Mme Lamothe.

« C’est l’objectif ultime : mettre de bonnes idées sur le marché. Nous avons donc un endroit où vous avez vraiment envie d’être si vous êtes un entrepreneur et que vous voulez donner vie à vos idées », complète Mark Weber.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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