Bombardier reçoit des commandes, malgré le ralentissement économique

Bombardier se dirige « en toute confiance » vers ses objectifs à long terme, affirme son président et chef de la direction, Éric Martel.
Ryan Remiorz La Presse canadienne Bombardier se dirige « en toute confiance » vers ses objectifs à long terme, affirme son président et chef de la direction, Éric Martel.

Malgré l’incertitude économique, Bombardier a dévoilé jeudi une augmentation de 300 millions $US de son carnet de commandes, qui s’établit à 15 milliards $US au troisième trimestre.

Bien que l’horizon économique semble s’assombrir, le grand patron du constructeur de jets d’affaires a dit qu’il maintenait « en toute confiance » les objectifs à long terme de la société. « Nous pensons que nous sommes bien outillés pour composer avec n’importe quelles conditions économiques qui seraient devant nous », commente Éric Martel, le président et chef de la direction de Bombardier.

Les 15 milliards $ US inscrits au carnet de commandes l’entreprise offrent une protection contre les ralentissements, a précisé M. Martel. Le ratio de nouvelles commandes par rapport aux livraisons est de 1,3, ce qui signifie que la société reçoit plus de commandes qu’elle ne livre d’avions.

« Évidemment, on fait des scénarios au cas où nous ayons moins de commandes que l’an passé, disons 25 % ou 50 % de moins que l’an passé. C’est vrai que notre carnet de commandes réduirait. »

En revanche, il a souligné que le carnet de commandes représente environ deux années d’activités de l’entreprise. « Supposons qu’on aurait 0,75 avion vendu pour chaque avion qu’on livre, ça voudrait dire qu’on perdrait peut-être trois mois de carnet de commandes. C’est loin d’être catastrophique. »

Il ajoute que les clients de Bombardier ont les reins solides et qu’il serait « surprenant » et « très peu probable » que des commandes soient annulées.

La société montréalaise est également en bonne posture pour augmenter la cadence de production « de 15 % à 20 % » l’an prochain, affirme M. Martel. Au sujet de la chaîne d’approvisionnement, il a mentionné que la société avait déjà « pas mal » toutes les pièces dont elle avait besoin dans ses usines pour le quatrième trimestre.

« Nous avons été très proactifs pour gérer les difficultés de la chaîne d’approvisionnement, ce qui nous permet d’envisager l’année prochaine avec confiance. »

La tendance semble demeurer favorable à l’industrie, croit Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux. « La plupart des indicateurs pour mesurer la confiance sont au-dessus de la moyenne d’avant la pandémie. »

Service après-vente

 

Bombardier a également souligné la croissance de ses activités de services après-vente. Les revenus tirés de ce segment ont augmenté de 20 % pour atteindre 372 millions $US sur un total de 1,5 milliard $US en revenus pour l’ensemble de l’entreprise.

M. Martel était d’ailleurs à Miami, où Bombardier vient d’inaugurer un nouveau centre de service, au moment de la présentation des résultats.

Le dirigeant a abordé le potentiel que représente le marché de la revente pour Bombardier. Il a souligné qu’environ 400 appareils usagés étaient revendus par leur propriétaire chaque année. L’entreprise veut participer à ce marché en « rafraîchissant » les appareils usagés. « Ça crée une immense occasion. »

Les résultats

 

Bombardier a enregistré un bénéfice net de 27 millions $US, comparativement à une perte de 376 millions $US à la même période l’an dernier.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient une perte nette ajustée de 48 cents et des revenus de 1,6 milliard $ US, selon la firme de données Refinitiv.

La société a profité du contexte favorable pour réduire la dette de 100 millions $US au cours du trimestre. Elle a remboursé 873 millions $US depuis le début de l’exercice.

Bombardier a livré de bons résultats pour les indicateurs les plus suivis par les investisseurs, croit Tim James, de Valeurs mobilières TD. « Nous croyons que l’opinion des investisseurs est principalement influencée par les flux de trésorerie, les commandes et la stratégie de remboursement de la dette à long terme, tous ces indicateurs étaient bons. »

L’analyste croit que la société sera en mesure de surpasser ses cibles financières pour 2022.

L’action de Bombardier gagnait 2,58 $, ou 6,59 %, à 41,75 $ à la Bourse de Toronto vers midi.

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