La crainte d’une récession n’a pas empêché les Québécois d’ouvrir leur portefeuille

Les ménages québécois prévoyaient hausser leur budget d’Halloween de 26 % en 2022.
Vadim Ghirda Associated Press Les ménages québécois prévoyaient hausser leur budget d’Halloween de 26 % en 2022.

Ce texte est tiré du Courrier de l’économie du 31 octobre 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Les Québécois ne sont pas insensibles aux fluctuations de l’économie. Seulement, quand les salaires sont en hausse et que la confiance en matière d’emploi semble à l’épreuve de tout, les inquiétudes influent moins sur les projets de dépenses. C’est d’ailleurs un peu ce dont témoignent les prévisions des experts en matière de consommation d’ici la fin de l’année.

Pour l’Halloween, en tout cas, il semble que les craintes d’une récession à très court terme n’aient pas empêché les consommateurs québécois d’ouvrir cette année leur portefeuille un peu plus qu’ils l’avaient fait les deux dernières années. Le site HelloSafe estimait d’ailleurs tout juste avant l’édition de ce lundi de la fête annuelle du monstrueux et de l’ineffable que les ménages québécois prévoyaient hausser leur budget d’Halloween de 26 % en 2022, comparativement à ce qu’ils avaient dépensé un an plus tôt. Les quelque 264 millions de dollars en costumes et en bonbons qui auraient été achetés ces derniers jours représentent une somme presque deux fois plus élevée que ce qui avait été consommé en 2020.

Il faut dire que les budgets des deux dernières années avaient été lourdement amputés par le contexte pandémique. Ce qui explique que, même si les dépenses liées à la fête de l’horreur cette année ont été bien supérieures à celles des deux dernières années, elles n’ont pas atteint pour autant les niveaux de 2019 ni de 2018, où chaque ménage québécois avait dépensé en moyenne entre 80 $ et 90 $ pour célébrer l’Halloween, comparativement à 70 $ cette année.

Noël, c’est demain

Préparez-vous à entendre des chansons de Noël à la radio et dans les magasins dès le mardi 1er novembre. On n’y peut rien : les commerçants ont hâte d’entrer dans la période des Fêtes, une saison fort lucrative pour eux. Les consommateurs devraient être au rendez-vous cette année, au moins autant que l’an dernier et qu’en 2019, soit avant la pandémie.

Selon le Conseil canadien du commerce de détail, les consommateurs canadiens prévoient dépenser en moyenne 790 $ pour des cadeaux de Noël cette année. Les Québécois pourraient être un peu plus raisonnables avec un budget des Fêtes moyen établi à 588 $. Si les sommes dépensées sont à peu près inchangées par rapport à l’an dernier, la nature des achats devrait évoluer avec la hausse des prix des derniers mois. Cette année, l’alimentation vient en tête des dépenses, suivie des articles de mode et des jouets.

Cela dit, ce n’est pas parce qu’on dépense autant qu’on en aura pour son argent. L’inflation non maîtrisée depuis le début de l’année garantit plutôt le contraire. Ce qui explique que, même si les consommateurs prévoient dépenser autant d’ici la fin de l’année, tous les commerçants ne verront pas leurs ventes, ni surtout leurs profits, atteindre les mêmes sommets qu’il y a un an.

Car le fait est que l’inflation influe sur ce que les consommateurs québécois prévoient acheter pour la période des Fêtes qui approche. À la mi-octobre, la firme Deloitte indiquait déjà que les « gros achats » allaient être beaucoup moins nombreux d’ici Noël qu’ils l’ont été durant la même période l’an dernier, ou avant la pandémie. Selon Deloitte, les appareils électroniques (-55 %), les voyages (-30 %) et les vêtements (-27 %) seront les plus grands perdants des Fêtes 2022.

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