L’économie canadienne poursuit sa faible croissance

L’économie canadienne a légèrement crû en août, mais les craintes d’une récession imminente s’accentuent.
Photo: Ted S. Warren Associated Press L’économie canadienne a légèrement crû en août, mais les craintes d’une récession imminente s’accentuent.

L’économie canadienne a légèrement crû en août, a indiqué vendredi Statistique Canada, et les estimations initiales permettent de croire que cette croissance se poursuivra en septembre, alors que les craintes d’une récession imminente s’accentuent.

Le PIB réel a avancé de 0,1 % en août, a précisé l’agence fédérale, dépassant son estimation initiale faite le mois dernier, qui indiquait une croissance nulle pour août. Dans son estimation initiale pour septembre, Statistique Canada a évoqué une croissance économique identique à celle d’août, de 0,1 %. L’estimation préliminaire pour septembre place provisoirement le taux de croissance annualisé pour le trimestre de juillet à septembre à 1,6 %, comparativement à une cadence annuelle de 3,3 % pour le deuxième trimestre.

Selon Karyne Charbonneau, directrice générale des études économiques de la Banque CIBC, l’économie a peut-être ralenti, mais il est encourageant de constater qu’elle a au moins enregistré une certaine croissance. « Même si nous allons réviser nos prévisions de croissance globale pour 2022 pour qu’elles soient un peu plus élevées, cela ne change rien à notre opinion voulant que l’économie stagne dans les mois à venir, et le manque d’élan à la fin du troisième trimestre est conforme à cette idée », a écrit Mme Charbonneau dans un rapport.

« Avec ces derniers chiffres de croissance qui ne sont que légèrement inférieurs aux estimations de la croissance potentielle, nous devrons voir l’économie ralentir encore davantage pour ramener l’inflation à l’objectif. Cela confirme l’idée que, même si nous nous rapprochons de la fin du cycle de hausse, il reste encore un peu de travail à faire. »

La Banque du Canada a relevé cette semaine son taux d’intérêt directeur d’un demi-point de pourcentage, pour le porter à 3,75 %, en soulignant que l’économie était en surchauffe, ce qui signifie que la demande dépasse l’offre. Et tandis que la banque centrale affirmait qu’elle s’approchait de la fin de son cycle de resserrement des taux, son gouverneur, Tiff Macklem, a précisé que ce n’était pas encore le cas et que d’autres hausses de taux seraient nécessaires.

Une économie en ralentissement

 

Dans son dernier rapport sur la politique monétaire, la Banque du Canada a prédit que la croissance atteindrait un taux annuel de 1,5 % au troisième trimestre, avant de ralentir à un rythme annuel de 0,5 % pour les trois derniers mois de l’année.

L’économiste James Orlando, de la Banque TD, a rappelé que, même si les données de vendredi étaient encourageantes, le récit général d’une économie canadienne en ralentissement n’avait pas changé. « Avec la forte inflation et l’impact décalé des taux d’intérêt plus élevés, nous constatons un impact dans le secteur des biens et nous nous attendons à voir la même chose du côté des services à l’avenir », a écrit M. Orlando dans un rapport.

« La Banque du Canada a décidé de ralentir le rythme de ses hausses de taux mercredi, car elle pense qu’un ralentissement de la croissance économique est à venir, poursuit-il. Bien que cela commence à apparaître dans les données, nous croyons que la Banque du Canada devra continuer à relever son taux directeur jusqu’à 4,25 %, afin d’obtenir la décélération suffisante pour faire ralentir l’inflation. »

Dans son rapport de vendredi, Statistique Canada a indiqué que la croissance des industries productrices de services avait été contrebalancée par une baisse des industries productrices de biens.

À voir en vidéo