Les PME ont le moral en berne à l’approche des Fêtes

Les PME dans le secteur du commerce de détail sont plus pessimistes qu’à l’habitude à l’approche de la période cruciale des Fêtes.
Valérian Mazataud Le Devoir Les PME dans le secteur du commerce de détail sont plus pessimistes qu’à l’habitude à l’approche de la période cruciale des Fêtes.

Les entrepreneurs sont pessimistes à l’approche des Fêtes, et c’est particulièrement vrai pour les propriétaires de boutiques, selon un récent sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), dévoilé jeudi.

L’indice de confiance sur un horizon de trois mois produit la FCEI, son « Baromètre des affaires », a reculé de 2,4 points pour s’établir à 48,8 points au Québec. La même tendance s’observe à l’échelle canadienne, où l’indice de confiance recule de 3 points à 46,4 points. L’Ontario arrive en queue de peloton, à 43,6 points, en baisse de 5,9 points.

L’exercice se base sur un sondage réalisé au mois d’octobre auprès de 750 répondants à travers le Canada.

La confiance des entrepreneurs recule ainsi à des seuils qu’elle touche normalement lors de périodes de récession, constate l’économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI, Simon Gaudreault. « Quand nous sommes dans une période économique normale où l’économie s’approche de son potentiel de croissance, on voit plus des niveaux dans les 60-65, voire près des 70. On voit ici qu’on est quand même avec cet indicateur loin d’un niveau qui indiquerait une économie qui roule parfaitement. »

La hausse des taux d’intérêt amène une augmentation des coûts d’emprunt pour de nombreuses PME, souligne l’économiste. D’autres sondages de la FCEI indiquent qu’environ les deux tiers des petites et moyennes entreprises ont des emprunts à taux variables. « Il y a environ un tiers qui dit que les hausses de la Banque du Canada ont un impact négatif sur leurs activités. »

Les problèmes de main-d’oeuvre demeurent le principal obstacle identifié par les PME, souligne M. Gaudreault. Ils sont 52 % à dire que la pénurie leur nuit, et ce taux monte à 62 % au Québec. « C’est quand même des résultats préoccupants. »

Préoccupation des détaillants

 

Le sondage de la FCEI démontre aussi que les PME dans le secteur du commerce de détail sont plus pessimistes qu’à l’habitude à l’approche de la période cruciale des Fêtes. C’est le secteur où l’indice de confiance est le plus bas, et c’est également celui qui enregistre la plus forte hausse. Il s’établit à 41,4 points, une baisse de 4,2 points par rapport au mois dernier.

Les consommateurs prévoient se montrer plus prudents en cette fin d’année, selon un sondage de la firme Deloitte Canada. Dans une proportion de 76 %, les répondants prévoient réduire leurs dépenses en raison des prix plus élevés des aliments, de l’inflation et des préoccupations économiques. Les dépenses moyennes des ménages devraient diminuer de 17 % au cours de la période.

Un sondage Léger pour le compte du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) offre toutefois un portrait différent. Les répondants de ce coup de sonde anticipent que leurs dépenses demeureront stables par rapport à l’an dernier.

L’indice de confiance de la FCEI est un autre signe « que ce ne sont pas des sommets de joie » pour les détaillants, réagit M. Gaudreault. « Les consommateurs sont peut-être portés à réduire certaines dépenses [dans un contexte inflationniste]. C’est une hypothèse, mais il y a beaucoup de dépenses qui se font du côté des services qui n’étaient pas accessibles avant, comme les voyages ou les concerts. »

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