Des factures salées en vue pour les systèmes de chauffage biénergie, selon une étude

Les systèmes de chauffage biénergie utilisent l’électricité comme principale source d’énergie, mais peuvent être alimentés par un combustible comme source d’appoint en période de forte demande.
Photo: Phil Augustavo Getty Images Les systèmes de chauffage biénergie utilisent l’électricité comme principale source d’énergie, mais peuvent être alimentés par un combustible comme source d’appoint en période de forte demande.

Les clients qui se convertissent au système de chauffage biénergie d’Hydro-Québec et d’Énergir pourraient devoir payer une facture jusqu’à 32 % plus élevée que celle de la clientèle qui se chauffe à l’électricité, selon une étude d’Écohabitation.

Rendue publique ce mercredi, l’étude a été réalisée à la demande de groupes environnementaux — Équiterre, Greenpeace, Nature Québec, Regroupement des organismes environnementaux en énergie — auxquels se joint le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec), qui représente près 18 000 travailleurs du secteur de l’énergie.

« Ce qui ressort, c’est qu’il y a une solution meilleure que la biénergie pour la transition et qui peut être faite à moindre coût », résume Emmanuel Patola, responsable du Comité sur l’environnement du SCFP-Québec. Rappelons que les systèmes de chauffage biénergie utilisent l’électricité comme principale source d’énergie, mais peuvent être alimentés par un combustible comme source d’appoint en période de forte demande.

Selon l’étude, les factures énergétiques annuelles seraient en moyenne entre 20 % et 23 % plus élevées pour la biénergie avec thermopompe standard que pour leur équivalent tout à l’électricité avec accumulateur thermique. Un accumulateur thermique est une technologie qui permet d’accumuler la chaleur pour la restituer au moment opportun, offrant plus de flexibilité pour gérer les fortes demandes.

Ce qui ressort, c’est qu’il y a une solution meilleure que la biénergie pour la transition et qui peut être faite à moindre coût

Écohabitation a modulé ses estimations en fonction de plusieurs critères. Par exemple, lorsque les systèmes biénergie sont alimentés par du gaz naturel renouvelable plutôt que par du gaz naturel standard, les coûts augmentent davantage en comparaison avec leurs équivalents électriques.

« Quand les distributeurs sont arrivés avec l’idée de décarboner le chauffage, on s’est dit que c’était une bonne nouvelle. Mais lorsqu’on s’est penché de plus près sur ce qui était proposé, on s’est rendu compte que c’était une transition énergétique qui n’en est pas une. Dans les faits, on poursuit dans la même voie [celle des hydrocarbures] jusqu’en 2050 », explique-t-il.

En cette période de forte inflation, le gouvernement doit rejeter les « fausses solutions qui alourdissent le fardeau financier des Québécois », estiment les groupes qui ont commandé l’étude. « L’inflation et les changements climatiques étaient deux des plus grandes priorités de la population québécoise lors des dernières élections. L’entente biénergie ne règle aucune des deux crises », soutient Émile Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques chez Équiterre. « Il n’y a aucun avantage pour le consommateur à passer à la biénergie. Ça lui coûterait plus cher et ce serait plus polluant qu’un système tout électrique », poursuit-il.

Les groupes estiment que le gouvernement devrait tout simplement « retirer son soutien à la biénergie dans les bâtiments ». La Régie de l’énergie a entériné l’entente entre Hydro-Québec et Énergir en mai dernier. Des organisations ont depuis demandé une révision de la décision ; des audiences sur la question se déroulent jusqu’au 28 octobre 2022.

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