Les PME canadiennes visent une forte croissance malgré les craintes de récession

L’optimisme vient des entreprises du secteur de la consommation et de la vente au détail, des fabricants et des industries de l’immobilier et de la construction.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne L’optimisme vient des entreprises du secteur de la consommation et de la vente au détail, des fabricants et des industries de l’immobilier et de la construction.

Les petites et moyennes entreprises canadiennes visent une forte croissance au cours des trois prochaines années, même si un éventuel ralentissement économique reste une préoccupation à court terme, indique un sondage de la firme KPMG.

L’enquête menée auprès de 503 PME révèle que 83 % d’entre elles se sentent optimistes quant à leur croissance au cours des prochaines années et que 82 % disent que leur industrie leur inspire de la confiance. L’optimisme vient des entreprises du secteur de la consommation et de la vente au détail, des fabricants et des industries de l’immobilier et de la construction.

Selon l’enquête, près du quart des PME ont cité la croissance interne comme la stratégie la plus importante pour atteindre leurs objectifs de croissance globale, les investissements numériques et technologiques se classant au deuxième rang avec 18 %.

Dino Infanti, partenaire fiscal chez KPMG au Canada, a estimé que le sentiment d’optimisme au sein de la communauté des PME découlait de la résistance à la pandémie, des leçons tirées des différentes expériences et des attentes voulant qu’une éventuelle récession puisse être de courte durée, même si elle pourrait causer quelques problèmes. L’enquête indique que 61 % des PME ont pris des mesures préventives pour atténuer ce qu’elles considèrent comme des risques à court terme, allant d’un gel à court terme de l’embauche à l’interruption temporaire des plans de transformation numérique.

À ce stade, 30 % des petites et moyennes entreprises ont mis en place un gel de l’embauche, selon l’enquête, et 4 sur 10 envisagent de le faire au cours des six prochains mois. Entre-temps, 60 % des répondants ont indiqué avoir suspendu ou prévoir de suspendre leurs plans de transformation numérique au cours des six prochains mois en cas de ralentissement économique.

« En période de ralentissement, les entreprises dont la maison est en ordre, qui gèrent les coûts, surveillent les flux de trésorerie et se concentrent sur les gammes de produits à marge élevée peuvent être mûres pour la croissance », a expliqué M. Infanti.

En outre, 77 % des PME ont l’intention d’augmenter leurs effectifs au cours des trois prochaines années pour mener à bien leurs plans de croissance et 20 % s’attendant à une augmentation de l’embauche d’au moins 11 % au cours de cette période. Cependant, 56 % des PME conviennent qu’il est difficile de recruter les talents de demain nécessaires à la transformation de leur entreprise, ce qui fait de l’embauche un défi majeur au cours des prochaines années.

M. Infanti a déclaré que, même si ces entreprises résistaient à la récession en levant le pied, il était essentiel d’employer ou de poursuivre des stratégies et des investissements qui se positionnent pour une croissance à plus long terme. « Il s’agit d’essayer de trouver le juste équilibre entre une période de récession potentielle — gérer les coûts et les flux de trésorerie, faire une pause dans le numérique — mais reconnaître que toutes ces choses sont d’une importance cruciale pour atteindre la croissance, continuer à investir et à réinvestir dans le numérique, la transformation, le développement des talents, etc. » a-t-il précisé.

Selon l’enquête, les autres principaux risques pour la croissance au cours des trois prochaines années comprennent les pressions inflationnistes, la hausse des taux d’intérêt, ainsi que les problèmes liés à la cybersécurité.

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