Une intelligence artificielle sur la glace du Centre Bell

Les nouvelles bandes publicitaires numériques sont de 4 à 8 fois plus grandes que les bandes statiques.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les nouvelles bandes publicitaires numériques sont de 4 à 8 fois plus grandes que les bandes statiques.

Le Canadien de Montréal amorce sa saison 2022-2023 au Centre Bell avec de nombreux nouveaux joueurs et une toute nouvelle intelligence artificielle (IA). Son rôle est de « manger » les bandes… assez littéralement, puisqu’il s’agit d’une technologie qui permet de modifier les messages publicitaires visibles à la télévision tout au long de la partie.

Pour cette nouvelle saison, le Canadien s’est doté d’une IA pour afficher des publicités plus visibles et plus grandes sur la bande de sa patinoire. Elles sont par contre uniquement visibles par les téléspectateurs, puisqu’il s’agit d’une technologie d’affichage qui remplace numériquement les publicités présentes dans le monde réel.

Quand la caméra principale capte l’action, on peut voir à la télévision entre trois et cinq publicités statiques à la fois, dans une rotation de 30 secondes tout au long de la partie. C’est moins que les 24 publicités qu’on voit habituellement en même temps autour de la patinoire, mais leur rotation crée tout de même davantage d’espaces publicitaires par tranche de 60 minutes.

Un annonceur peut aussi prendre le contrôle complet de la bande pour créer un effet de « domination », comme le désignent les équipes du CH et de la Ligue nationale de hockey. Par exemple, on peut imaginer Ford, l’un des principaux partenaires publicitaires du Canadien, prendre le contrôle de la bande au début d’un avantage numérique pour y faire rouler ses camionnettes.

L’équivalent de 30 matchsde revenus pour le CH

Le Canadien et la LNH nomment cette technologie DED, pour « digitally enhanced dasherboards » ou, pour traduire, « bandes numériques ». La caméra principale est utilisée pendant environ 80 % du temps de diffusion d’une partie. On verra les publicités classiques, celles collées aux bandes le restant du temps, quand d’autres caméras sont utilisées par le diffuseur.

Cette technologie sera visible aussi bien sur les ondes de RDS que de TVA Sports, qui diffusent tous deux des parties du Canadien en français cette saison. Comme l’un est partenaire du CH et l’autre, de la LNH, les annonceurs risquent de varier de match en match.

Surtout, cette nouvelle technologie permettra au Canadien de vendre sa propre publicité quand l’équipe jouera à l’étranger. « Nous venons de gagner des publicités durant 30 matchs à l’étranger qui seront diffusés sur RDS », dit au Devoir Hubert Richard, vice-président senior aux ventes corporatives pour le Canadien de Montréal. À l’antenne de son partenaire diffuseur, l’équipe pourra superposer ses propres publicités sur celles de l’équipe qui la reçoit.

Avant, le téléspectateur québécois voyait la publicité collée sur les bandes par l’équipe qui accueillait le CH. Maintenant, il verra les publicités des partenaires publicitaires de l’équipe montréalaise. La LNH pourra faire de même sur les ondes de TVA Sports, qui détient les droits sur le reste des matchs du CH à l’étranger.

Ce sera la même chose pour toutes les équipes de la ligue, puisque ces bandes numériques seront utilisées partout.

 

Plus de pub, moins de pub

Les amateurs qui grognaient déjà contre la présence de nouvelles publicités sur les casques et sur les maillots des hockeyeurs pourraient à nouveau trouver matière à se plaindre.

La LNH informe d’ailleurs que ces nouvelles bandes publicitaires numériques sont de 4 à 8 fois plus grandes que les bandes statiques. Elle assure toutefois que les deux tiers des amateurs sondés à propos de cette technologie estimaient qu’elle était de grande qualité et ils semblaient en avoir une opinion favorable. Les messages publicitaires affichés grâce à la technologie DED sont aussi plus espacés et plus dégagés.

Le Canadien ne pense pas que cette nouvelle technologie publicitaire fera pester les amateurs québécois de hockey. À la télévision ou sur la glace, la LNH n’a pas encore atteint le niveau de saturation publicitaire d’autres ligues sportives professionnelles, rappelle Hubert Richard.

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