L’industrie hôtelière mise sur la solidarité pour relever les défis

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Le Château Joliette, dans Lanaudière, l’une des régions faisant partie des associations touristiques membres de l’AHQ.
Jimmy Vigneux Le Château Joliette, dans Lanaudière, l’une des régions faisant partie des associations touristiques membres de l’AHQ.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires

Pour faire face aux défis comme la pénurie de main-d’oeuvre, l’industrie hôtelière du Québec mise sur la solidarité et de nouveaux partenariats en son sein.

« Même si la pandémie a été très difficile, les gens ont encore plus réalisé le besoin de travailler ensemble, de s’épauler, observe Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’Association hôtellerie du Québec (AHQ). On va plus loin en travaillant ensemble ! »

Au cours des dernières années, les partenariats se sont multipliés entre différents acteurs de l’hôtellerie, réunis sous l’ombrelle de l’AHQ. L’association, qui représente le secteur auprès des instances gouvernementales, regroupe notamment les établissements d’hébergement et les gîtes. En août, l’AHQ a augmenté sa représentativité régionale avec l’ajout de plus de 15 nouveaux partenaires, dont 10 associations touristiques régionales (ATR).

« Parfois, il peut y avoir des réalités qui sont différentes d’une région à l’autre. On veut être représentatifs de l’ensemble des réalités des régions au Québec », poursuit-elle, concernant la mission de l’association, qui défend les intérêts des établissements d’hébergement auprès des gouvernements. « Ils ont besoin d’être représentés et que leur voix porte. »

L’AHQ favorise aussi la transmission d’informations et de formations à leurs membres pour surmonter les nouveaux défis — un besoin qui se fait davantage sentir dans le contexte actuel, selon Mme Tremblay. « Mes directeurs généraux font du ménage de chambres, ils se retrouvent à l’accueil, ils doivent pourvoir des postes à la dernière minute, ils ont le nez collé sur les opérations quotidiennes, ils sont débordés, poursuit-elle. Cela fait partie de notre mandat, de les défendre, de les informer et de les accompagner. »

L’AHQ partage ainsi des rapports sur les nouvelles tendances ou des webinaires pour permettre aux hôteliers d’actualiser leurs pratiques en lien avec le contexte actuel, comme en marketing numérique pour attirer les clients qui réservent maintenant en ligne. Des formations ont aussi permis d’informer les hôteliers qui conservent des données personnelles de leurs clients sur les implications de la loi 25, qui modernise les dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels et qui est entrée en vigueur en septembre.

Vers l’inclusion et le développement durable

« La pénurie de main-d’oeuvre fait en sorte que les gens vont davantage vers différents modèles, observe Véronyque Tremblay, qui donne comme exemple un partenariat avec le centre d’autisme À Pas de Géant, qui permet d’inclure des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme en hôtellerie. Dans certains endroits, les horaires de travail s’adaptent, ce qui permet de donner du travail à temps partiel à deux ou trois jours par semaine, attirant ainsi des personnes en fin de carrière. L’association pousse leurs membres à aller rejoindre les jeunes sur des plateformes comme TikTok. Enfin, le secteur fait pression sur les politiciens pour faciliter le recrutement international, les hôteliers ayant d’ailleurs lancé un cri du coeur aux candidats de la campagne électorale pour qu’ils priorisent les dossiers des travailleurs étrangers.

« On travaille très fort pour le recrutement international et pour diminuer les délais », poursuit Mme Tremblay, en faisant référence aux longs délais pour l’octroi de permis de travail aux travailleurs étrangers, qui ont des effets cascades dans l’industrie.

Le secteur tente également de favoriser les pratiques en lien avec le développement durable, explique-t-elle. Elle donne comme exemple l’installation de bornes pour les voitures électriques. « Les gens achètent des voitures électriques, mais s’ils veulent faire du tourisme partout au Québec, il faut qu’ils soient capables de se rendre du point A au point B facilement, sans craindre de manquer l’électricité, note la présidente-directrice générale. Et ceux qui ont de beaux endroits pour la recharge, ce sont les hôtels. Les gens y passent la nuit, chargent le véhicule et peuvent poursuivre leur route. »

Le gouvernement provincial offre une aide financière aux entreprises privées pour acheter des bornes de recharge publiques, par le biais du Programme de soutien au secteur privé pour le déploiement de bornes de recharge rapide publiques. L’AHQ accompagne les membres qui souhaitent participer à l’électrification des transports dans leur région ; les entreprises ont jusqu’à la fin octobre pour être admissibles au programme.

Si la saison estivale a été bénéfique dans le secteur du tourisme au Québec, il reste de nombreux défis pour permettre une bonne reprise de l’industrie, observe Mme Tremblay, qui reste optimiste. « Plus on s’épaule, plus on va être fort ! » conclut-elle.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part. 

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