Un deuxième symposium sur les femmes et le leadership entrepreneurial

De gauche à droite, Élisabeth Deschênes, Monique Simard et Marie-Josée Gauvin, sont toutes trois porte-paroles de l’Alliance de la féminisation du leadership.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir De gauche à droite, Élisabeth Deschênes, Monique Simard et Marie-Josée Gauvin, sont toutes trois porte-paroles de l’Alliance de la féminisation du leadership.

Les femmes portent souvent un regard social sur les affaires, y amenant plus de bienveillance et d’humanité lorsqu’elles se trouvent dans les sphères décisionnelles, selon les ambassadrices de l’Alliance de la féminisation du leadership. Un an après un premier symposium ayant permis de faire un état des lieux, un deuxième événement annuel aura lieu le 27 octobre prochain afin de déterminer des actions concrètes permettant à ces valeurs de prendre de l’ampleur dans les entreprises.

En prenant la barre de La gang du matin en 2021, Marie-Josée Gauvin devenait la première femme à la tête d’une émission de radio francophone commerciale à Montréal. Elle se trouvait aussi pour la première fois à évoluer principalement avec des patronnes plutôt que des patrons.

« Quand je suis arrivée dans une structure plus féminine, j’ai constaté très rapidement à quel point je me sentais mieux. Je sentais qu’elles comprenaient mes réalités, qu’elles me faisaient confiance. Je n’avais plus peur d’être moi-même. C’est plus égalitaire, et je suis plus performante dans ce climat-là », raconte la femme de 36 ans, ambassadrice de l’Alliance de la féminisation du leadership.

Selon la gestionnaire culturelle Monique Simard, elle aussi membre du mouvement, l’individualisme et la compétitivité ont souvent été valorisés dans les milieux d’affaires. Mais les choses sont tranquillement en train de changer, les entreprises tentant de plus en plus de retenir les employés en promouvant un milieu de travail plus humain.

Les industries sont également nombreuses à reconnaître l’effet positif d’un leadership plus diversifié. En témoigne d’ailleurs l’adhésion de nombreux chefs d’entreprise, dont le directeur du Devoir, à cette alliance qui compte environ 200 membres. On y trouve également des chercheurs et des dirigeants d’organismes communautaires comme Le Chaînon, qui vient en aide aux femmes en difficulté.

« Il y a une adhésion de gens de différentes générations et de divers milieux, qui croient tous qu’il y a des besoins profonds de transformation », constate Mme Simard, féministe de longue date au passé syndicaliste.

Accélérer le mouvement

 

Des actions positives sont faites un peu partout, croit pour sa part l’une des instigatrices du mouvement, Élisabeth Deschênes, présidente de ZA Communication. « Le rôle de l’alliance est de rassembler tout ça et de le catalyser. C’est de donner une grosse poussée, tout le monde ensemble », explique Mme Deschênes.

À titre d’exemple inspirant, Mme Simard mentionne le Fonds Québecor, dont elle est présidente du conseil d’administration. Ce fonds se porte garant des emprunts et paie les intérêts de productrices télé qui souhaitent devenir actionnaires de leurs maisons de production. « Le résultat, c’est une transformation de l’actionnariat, donc du leadership. Ça peut influencer les types de projets qui vont être choisis », affirme Mme Simard. « Va-t-il y avoir plus de femmes qui vont écrire les scénarios ? »

Le symposium, qui a pour thème « Un nouveau millénaire à l’ère de la féminisation du leadership », sera accessible en personne ou gratuitement en ligne. De multiples tables rondes seront alors autant d’occasions de discuter des meilleures pratiques au Québec et ailleurs dans la francophonie.

Selon Mmes Simard et Deschênes, il sera aussi opportun pour l’alliance de se positionner sur des politiques publiques, notamment quant aux inégalités. « La croissance à tout prix, ça n’a pas sa place », estime également Mme Deschênes.

Mme Simard rappelle que la condition féminine a bien changé depuis l’époque du début de sa carrière : les inégalités salariales entre les hommes et les femmes pouvaient alors être consacrées par les conventions collectives. « Je suis fière de ce qui a été accompli, mais lucide à propos de ce qui reste à accomplir et de la fragilité des choses. »

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