L’abordabilité du logement devrait s’améliorer en 2023, selon Desjardins

La baisse des ventes et des prix depuis le printemps est plus limitée au Québec, comparativement à l’Ontario et au Canada.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La baisse des ventes et des prix depuis le printemps est plus limitée au Québec, comparativement à l’Ontario et au Canada.

Alors que la hausse des taux d’intérêt pèse sur l’abordabilité du logement, un nouveau rapport laisse croire qu’un certain soulagement pourrait se profiler à l’horizon.

Dans ses perspectives de l’immobilier résidentiel canadien, le Mouvement Desjardins indique jeudi que l’abordabilité du logement devrait s’améliorer en 2023, bien qu’à différents degrés à travers le pays. Les provinces qui ont connu les plus fortes hausses des prix des logements pendant la pandémie connaîtront les corrections les plus importantes après la pandémie, notamment les provinces maritimes et les régions entourant Toronto, Vancouver et Montréal, selon le rapport. Cependant, ces régions ne sont pas nécessairement celles qui verront les plus grandes améliorations en matière d’abordabilité, a fait valoir Randall Bartlett, directeur principal pour l’économie canadienne chez Desjardins.

« Pour ce qui est des villes qui ont connu la plus grande érosion de l’abordabilité […], nous pensons qu’il est peu probable qu’elles reviennent aux niveaux d’avant la pandémie au cours des deux prochaines années », a affirmé M. Bartlett.

Selon le rapport, Edmonton, Calgary et Winnipeg connaîtront les améliorations les plus importantes en matière d’abordabilité. Et tandis que des villes comme Edmonton et Calgary reviendront au niveau d’abordabilité d’avant la pandémie d’ici la fin de 2024, l’Ontario ne s’en approchera pas. Selon l’indice de Desjardins en la matière, l’abordabilité en Ontario reviendra au même niveau qu’au début de 2021.

Les hausses de taux d’intérêt de la Banque du Canada ont nui au marché de l’habitation, ralentissant la cadence des ventes de maisons et faisant chuter les prix. Depuis mars, la banque centrale a relevé son taux d’intérêt directeur, le faisant passer de 0,25 % à 3,25 % jusqu’à maintenant, ce qui a entraîné une hausse des coûts d’emprunt pour les Canadiens.

Dans son rapport, Desjardins a noté que le marché de la revente continuait de se refroidir au Québec, mais a souligné que même si l’abordabilité continuait à se détériorer, la baisse des ventes et des prix depuis le printemps était limitée au Québec comparativement à l’Ontario et au Canada.

Prix en baisse

 

Selon l’Association canadienne de l’immeuble, le prix moyen d’une maison vendue en août était de 637 673 $, contre 816 720 $ en février. Cependant, des rapports récents du directeur parlementaire du budget et de la Banque Royale montrent que la baisse des prix des maisons n’en a pas nécessairement rendu l’achat plus abordable. L’évaluation du prix des maisons du directeur parlementaire du budget, publiée le mois dernier, calcule que le coût d’une maison moyenne est supérieur de 67 % à ce que le ménage moyen peut se permettre, tandis qu’un rapport de la Royale a indiqué que le ménage médian devrait consacrer 60 % de son revenu aux coûts de propriété.

Comme les taux d’intérêt devraient encore augmenter, M. Bartlett a indiqué que l’abordabilité du logement continuerait de se détériorer pendant encore trois à six mois. Cependant, une fois les taux d’intérêt stabilisés, l’accessibilité s’améliorera, a-t-il prédit. Selon le rapport de Desjardins, une accessibilité accrue entraînera un rebond du marché du logement à partir de 2024. « Les ventes de propriétés devraient d’abord se stabiliser vers la fin de l’an prochain et amorcer une remontée en 2024, précise le rapport au sujet du marché québécois. Les prix devraient ainsi se raffermir à ce moment. »

Desjardins prévoit également que l’économie canadienne entrera en récession au début de l’année prochaine. Le rapport ajoute que les gouvernements devront « atténuer les effets du ralentissement économique sur la construction résidentielle ». « Les efforts visant à accroître l’offre doivent […] être maintenus pour répondre aux besoins de la population canadienne en croissance rapide sans générer de nouvelle frénésie », fait valoir le rapport.

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