Wall Street ne parvient pas à se ressaisir

Le Dow Jones a cédé 1,7 % et conclu à son plus bas niveau de fin de séance depuis début novembre 2020, alors que le l’indice Nasdaq a perdu 1,5 %.
Photo: Spencer Platt Getty Images North America Agence France-Presse Le Dow Jones a cédé 1,7 % et conclu à son plus bas niveau de fin de séance depuis début novembre 2020, alors que le l’indice Nasdaq a perdu 1,5 %.

La Bourse de New York a fini en baisse vendredi, avec les trois indices majeurs de Wall Street à leur plus bas niveau de l’année en clôture, conclusion morose à un mois de septembre marqué par la crainte d’une récession provoquée par un resserrement monétaire brutal.

Le Dow Jones a cédé 1,7 % et conclu à son plus bas niveau de fin de séance depuis début novembre 2020, à 28 725,51 points. L’indice Nasdaq a perdu 1,5 %, au plus bas en clôture depuis juillet 2020, à 10 575,61 points, et l’indice élargi S&P 500 a abandonné 1,5 %, à 3585,62 points.

« Les mois de septembre sont souvent mauvais pour les actions », a rappelé Christopher Vecchio, de DailyFX. « Depuis la mi-août, le mouvement a été unidirectionnel, à la baisse, à l’exception d’un rebond venu d’un espoir d’un revirement de la Fed [banque centrale américaine] », lequel a été rapidement douché, a rappelé Edward Moya, d’Oanda.

La température glaciale qui régnait déjà sur les marchés depuis plusieurs semaines a encore baissé vendredi avec la publication de l’indice des prix PCE (Indice des dépenses de consommation personnelles), le plus suivi par la Fed.

Il est ressorti en hausse de 0,3 % sur un mois en août, soit davantage que les 0,2 % attendus par les analystes. Sur un an, l’inflation atteint 6,2 %, soit plus que les 6 % prévus, mais moins que le mois précédent (6,4 %). « Ce rapport a fait écho à l’indice CPI [Indice des prix à la consommation, ou IPC en français] », autre indice de prix majeur publié mi-septembre, « et conforte la posture énergique de la Fed », a estimé Sam Millette, de Commonwealth Financial Network.

Les rendements obligataires se sont légèrement tendus, une raison de plus pour justifier l’angoisse des investisseurs, qui les voient remonter inexorablement depuis plusieurs semaines. Le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans est ressorti à 3,81 %, contre 3,78 % la veille.

1,7 %


C’est le taux avec lequel le Dow Jones a cédé, concluant à son plus bas
niveau de fin de séance depuis début novembre 2020, à 28 725,51 points.

Pour autant, les investisseurs ont relevé que les anticipations d’inflation des consommateurs interrogés par l’Université du Michigan pour son rapport mensuel montraient un ralentissement. Ils tablent désormais sur une inflation annuelle à 2,7 % d’ici 5 à 10 ans, au plus bas depuis avril 2021. Matthew Martin, d’Oxford Economics, a aussi retenu de cette enquête que « le pessimisme des consommateurs [restait] à un niveau historique » quant à la trajectoire de l’activité économique à moyen terme.

« Le problème pour le marché aujourd’hui, c’est que la Fed n’a pas l’air prête à s’arrêter de sitôt, mais aussi que tous ces autres risques ont été mis en avant », selon Christopher Vecchio, qui faisait référence à l’intervention de la Banque d’Angleterre mercredi pour tenter de stabiliser le marché obligataire britannique.

Dès lors, « les gens vont probablement se sentir mal à l’aise à l’idée de détenir des actifs à risque ou à maturité longue, dans un avenir proche », selon l’analyste.

Un recul à Toronto

À Toronto, Bay Street a laissé filer les gains réalisés plus tôt dans la séance pour clôturer sur une minuscule hausse.

 

L’indice composé S&P/TSX a avancé de 2,38 points pour terminer la journée avec 18 444,22 points. Sur l’ensemble du troisième trimestre, il cumule cependant un recul — le deuxième de suite.

Avec La Presse canadienne



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