Bénéfice net en hausse de 66 % - Les acquisitions aux États-Unis ont bien servi la Banque Royale

La Banque Royale a placé la barre haute pour les autres grandes banques canadiennes, en annonçant hier une forte progression, de 66 %, de son bénéfice net pour le troisième trimestre, une hausse de son dividende ainsi qu'une réduction de sa provision pour pertes sur prêts.

La plus importante banque canadienne a ainsi lancé de brillante façon cette nouvelle ronde des résultats trimestriels dans le secteur bancaire. Les banques CIBC et TD, qui feront part de leurs résultats aujourd'hui et demain respectivement, n'auront sans doute pas d'aussi bonnes nouvelles à offrir aux investisseurs boursiers, en raison de l'importance de leurs mauvaises créances dans le secteur des télécommunications.

La Royale a réalisé un bénéfice net de 722 millions, ou 1,02 $ par action, pour son trimestre qui a pris fin le 31 juillet. Cette performance est supérieure aux prévisions des analystes, qui tablaient sur un bénéfice par action de 1 $. Au troisième trimestre de l'année dernière, le bénéfice net s'établissait à 436 millions, ou 60 ¢ par action, en incluant des charges exceptionnelles de 146 millions. Les revenus de l'institution financière ont quant à eux progressé de 5 %, passant de 3,68 milliards à 3,87 milliards, tandis que le rendement de l'avoir des actionnaires était de 16,1 % contre 10,8 % un an plus tôt.

Pour l'ensemble des neuf premiers mois, le bénéfice net atteint 2,17 milliards, ou 3,10 $ par action, contre 1,76 milliard, ou 2,63 $ l'action, un an plus tôt.

La Royale a de plus fait savoir, hier, qu'elle majorait de 5 % son dividende trimestriel, pour le porter à 40 ¢.

L'action de la Royale à la Bourse de Toronto a gagné jusqu'à 1,19 $ en cours de séance, mais a elle perdu presque tous ses gains dans la dernière heure pour finalement clôturer en hausse de 11 ¢, à 54,01 $.

«Bien que l'environnement continue de poser des défis, nous avons enregistré un bénéfice net de plus de 700 millions pour un troisième trimestre d'affilée», a souligné le chef de la direction de la Banque Royale, Gordon Nixon. «Le maintien de ce rendement reflète la diversité de nos activités, les contributions accrues des sociétés acquises aux États-Unis, notre contrôle rigoureux des coûts et la qualité relativement stable de notre portefeuille.»

Marché américain

Au cours des deux dernières années, la Banque Royale a dépensé des milliards de dollars pour s'implanter sur le marché américain. Elle a ainsi acquis la Centura Bank, en Caroline du Nord, les firmes de courtage Dain Rauscher et Tucker Anthony Sutro, en plus de compagnies d'assurances. M. Nixon a précisé que ces acquisitions avaient contribué pour près de la moitié à l'augmentation des profits au troisième trimestre, en plus de représenter 28 % de l'ensemble des revenus (par rapport à 21 % il y a un an). Le bénéfice net lié à ces acquisitions s'est établi à 65 millions, comparativement à une perte de 2 millions lors du trimestre correspondant de l'année dernière et à un bénéfice de 35 millions au deuxième trimestre de l'exercice en cours.

Selon M. Nixon, ce résultat reflète notamment les avantages tirés de l'intégration des activités de Tucker Anthony Sutro au sein de RBC Dain Rauscher.

Les analystes et investisseurs boursiers ont particulièrement apprécié la réduction de la provision pour pertes sur prêts. La Royale a établi celle-ci à

216 millions, comparativement à 236 millions au troisième trimestre de l'année dernière et 328 millions au deuxième trimestre de l'exercice en cours. «Cette provision est certainement une très bonne nouvelle», a ainsi estimé Jack Dzierwa, analyste pour la firme Salomon Smith Barney à Toronto. Il a précisé que les autres banques canadiennes sont plus durement touchées par les pertes sur prêts dans l'industrie des télécommunications.

La Banque TD a déjà fait savoir que son troisième trimestre se soldera par une perte colossale de quelque 480 millions.