Wall Street termine en baisse, préoccupée par les taux et la Fed

La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, sur un marché inquiet de la remontée mondiale des taux.
Photo: Yuki Iwamura Associated Press La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, sur un marché inquiet de la remontée mondiale des taux.

La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, sur un marché inquiet de la remontée mondiale des taux, de la décision de politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed) attendue pour mercredi, et de leur impact sur la conjoncture économique.

Le recul pour le Dow Jones, l’indice Nasdaq et l’indice élargi S&P 500 oscille autour de 1 %.

Pour les analystes de Briefing.com, « le facteur le plus important » dans l’orientation de la séance aura été la poursuite de la remontée des taux obligataires. Le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans s’est envolé jusqu’à 3,6 %, une première depuis avril 2011. Le taux à 2 ans, plus représentatif des anticipations du marché en matière de politique monétaire, a lui frôlé les 4 % (3,98 %), un seuil qu’il n’avait pas franchi depuis près de 15 ans.

« Le marché est en position d’attente », a indiqué Adam Sarhan, de 50 Park Investments. « Il patiente avant de voir ce que va faire la Fed », qui doit annoncer sa décision de politique monétaire mercredi, à l’issue d’une réunion de deux jours. Les opérateurs tablent majoritairement sur un relèvement de 0,75 point de pourcentage du taux directeur de l’institution, qui le porterait à une fourchette de 3 % à 3,25 %. Les investisseurs redoutent que le volontarisme de la Fed dans sa lutte contre l’inflation ne précipite l’économie américaine dans une récession.

L’humeur a encore été assombrie par l’avertissement de Ford, qui avait signalé lundi, après Bourse, que ses résultats du troisième trimestre devraient souffrir d’une augmentation de ses coûts d’un milliard de dollars. Le constructeur a néanmoins confirmé sa prévision de résultat net avant impôts et intérêts sur l’ensemble de l’exercice. La réaction brutale de la place new-yorkaise (le titre a perdu 12,3 %), alors que les analystes étaient plutôt mesurés quant à cette annonce, témoigne de l’extrême nervosité de Wall Street. « Cela change la dynamique » en matière de résultats et de prévisions du marché, a expliqué Adam Sarhan. « Le marché cherche des nouvelles de nature à le soutenir, et il a bien du mal » à en trouver, selon lui.

L’avertissement de Ford a pesé sur son grand rival General Motors (-5,6 %, à 39,06 dollars), bien que ce dernier ait annoncé mardi une commande de 175 000 de ses véhicules électriques passée par l’entreprise de location de voitures Hertz.

Forte hausse de taux en vue

 

Le comité de politique monétaire de la Fed a commencé mardi une réunion sur deux jours à l’issue de laquelle devrait être annoncée une nouvelle forte hausse de son taux directeur qui servira à lutter contre l’inflation très élevée aux États-Unis. Les discussions doivent prendre fin mercredi en mi-journée. Un communiqué de presse est attendu, avant une conférence de presse du président de la Fed, Jerome Powell.

Lors de cette réunion, la Fed doit actualiser ses prévisions en matière de croissance du PIB, d’inflation et de taux de chômage aux États-Unis. Et, pour la cinquième fois depuis mars, elle relèvera son taux directeur afin de faire ralentir l’inflation. Ce taux fluctue actuellement dans une fourchette de 2,25 % à 2,5 %. Une troisième hausse de trois quarts de point de pourcentage (75 points de base) est attendue. Mais le relèvement pourrait être encore plus fort : près d’un acteur du marché sur cinq table même sur une hausse d’un point de pourcentage, selon l’évaluation des produits à terme de CME Group.

Ce ralentissement volontaire de l’économie, qui s’accompagnera sans doute d’une hausse du taux de chômage, est d’autant plus délicat à effectuer que la récession menace l’économie américaine, et, plus largement, l’économie mondiale. L’excellente santé du marché du travail donne cependant à la Fed de la marge pour être rigoureuse, et espérer pouvoir réussir l’« atterrissage en douceur » qu’elle vise. Le taux de chômage aux États-Unis est de 3,7 %, l’un des plus bas des 50 dernières années, et il n’y a pas assez de travailleurs pour occuper tous les postes vacants.

À voir en vidéo