Les restaurants haussent les prix et réduisent les menus

Les prix des menus dans les restaurants à service complet devraient augmenter de 7,8 % par rapport à l’année précédente d’ici la fin de 2022. 
Photo: Adil Boukind Le Devoir Les prix des menus dans les restaurants à service complet devraient augmenter de 7,8 % par rapport à l’année précédente d’ici la fin de 2022. 

Les restaurants canadiens augmentent leurs prix, rapetissent leurs menus et réduisent leurs heures d’ouverture afin de survivre à l’inflation et à la pénurie de main-d’oeuvre, indique un nouveau rapport.

L’industrie continue de connaître des difficultés sur le plan financier, a souligné le rapport de Restaurants Canada, la moitié des restaurants du pays fonctionnant à perte ou atteignant tout juste le seuil de rentabilité. Selon le rapport, intitulé Foodservice Facts, le trafic piétonnier vers les restaurants reste inférieur aux niveaux d’avant la pandémie, les ventes réelles ajustées en fonction de l’inflation étant inférieures de 11 % aux résultats de 2019.

L’embauche dans le secteur de la restauration est à la traîne par rapport à la reprise globale de l’emploi au pays, avec une main-d’oeuvre qui comptait, en date du mois de mai, 171 300 travailleurs de moins qu’avant la pandémie. Les postes d’arrière-boutique, comme ceux de cuisinier, ont été les plus difficiles à pourvoir, la plupart des restaurants fonctionnant à 80 % de leur capacité normale en raison de la pénurie de main-d’oeuvre, a précisé le rapport.

Les prix des menus dans les restaurants à service complet devraient augmenter de 7,8 % par rapport à l’année précédente d’ici la fin de 2022, et environ un tiers des établissements s’attendant à ce que les prix augmentent de 15 %. Les prix des menus en restauration rapide devraient augmenter de 7,1 % d’ici la fin de l’année.

Pourtant, les hausses de prix ne sont qu’une des façons dont les restaurants réagissent à l’inflation, selon le rapport. Certains établissements diminuent également le nombre de plats au menu, réduisent les portions, changent de fournisseurs et absorbent les augmentations de coûts, selon le rapport.

« La solution à portée de main pour faire face à la hausse des coûts alimentaires est simplement de réduire la taille des portions », a affirmé Philman George, chef d’entreprise d’Aliments High Liner, dans le rapport. « Le cercle vicieux se trouve dans l’effet cumulatif des pénuries de main-d’oeuvre, a-t-il affirmé. Cela donne au client non seulement moins de nourriture pour son argent, mais aussi une diminution potentielle des niveaux de service auxquels il était habitué avant la pandémie. »

Au lieu de cela, M. George a estimé que les restaurants qui connaîtraient du succès sont ceux qui s’attaqueront à la hausse des coûts alimentaires avec une « approche à plusieurs volets », y compris la créativité pour s’approvisionner en ingrédients à moindre coût et la simplification des menus pour réduire le gaspillage alimentaire.

Prix des chambres d’hôtel en hausse

Pour leur part, les hôtels canadiens retrouveront leurs revenus d’avant la pandémie l’année prochaine, soit deux ans plus tôt que prévu précédemment, selon la société immobilière CBRE.

Le marché hôtelier canadien devrait terminer l’année 2022 avec des revenus par chambre disponible à environ 92 % de leur niveau de 2019, soit avant le début de la crise sanitaire, a prédit la firme. La croissance modérée des revenus se poursuivra jusqu’en 2023, poursuit CBRE, les exploitants hôteliers faisant pression pour des tarifs plus élevés. Le revenu par chambre disponible devrait atteindre 107 $ l’an prochain, selon ses projections.

Le revenu par chambre disponible est une mesure de la performance d’un hôtel calculée en multipliant son tarif journalier moyen pour une chambre par son taux d’occupation.

Le taux de 107 $ prévu par CBRE représenterait une augmentation de 70 % par rapport aux performances de l’industrie en 2021, qui ont été entravées par les restrictions sanitaires destinées à limiter la propagation de la COVID-19. Selon CBRE, la moitié des principaux marchés urbains du Canada devraient voir un revenu par chambre disponible supérieur à 100 $ en 2023. Ce montant atteindrait 182 $ à Vancouver, 135 $ à Montréal et 129 $ à Toronto.

« La vigueur des voyages d’agrément et le rebond rapide du tarif journalier moyen dans de nombreuses villes se traduisent par une solide performance hôtelière. Les visites avec nuitées en provenance des États-Unis continuent de se redresser, ainsi que les visites d’autres marchés internationaux clés », a observé le directeur des hôtels chez CBRE, David Ferguson, dans un communiqué de presse.

« Cependant, les voyages à partir de certains marchés clés, notamment la région Asie / Pacifique, sont toujours difficiles. Les villes et les hôtels qui proposent des voyages d’affaires, des réunions et des voyages de groupe font face à une reprise plus lente. »

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