Les partis questionnés sur le partage des pourboires

En ce moment, en vertu de la Loi sur les normes du travail, le pourboire ne peut être partagé avec l’équipe de cuisine que si les serveurs s’entendent pour le faire.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir En ce moment, en vertu de la Loi sur les normes du travail, le pourboire ne peut être partagé avec l’équipe de cuisine que si les serveurs s’entendent pour le faire.

La majorité des Québécois seraient d’accord pour que les restaurateurs puissent répartir le pourboire entre les serveurs et les employés de cuisine, selon un sondage Léger commandé par l’Association Restauration Québec (ARQ). L’organisme demande aux partis politiques provinciaux de se prononcer sur cette mesure qu’ils réclament depuis des années.

Selon le même sondage Web, 63 % des 1044 répondants disent laisser habituellement 15 % de pourboire, alors que 23 % en remettent plus et que 12 % en donnent moins. Mais qui doit bénéficier de ces montants ? Environ 73 % des répondants se sont dit tout à fait ou plutôt d’accord pour « qu’un restaurateur puisse mettre en place un mécanisme de partage des pourboires entre l’ensemble de ses employés, y compris ceux qui travaillent en cuisine ».

En ce moment, conformément à la Loi sur les normes du travail, le pourboire ne peut être partagé avec l’équipe de cuisine que si les serveurs s’entendent pour le faire. Cette pratique est encore marginale, selon l’ARQ, et des employés de salles à manger s’y opposeraient régulièrement. L’organisme, qui représente environ 5000 restaurateurs, souhaiterait que les propriétaires puissent prendre cette décision lorsqu’ils constatent la nécessité de rééquilibrer les masses salariales.

« C’est une question d’attraction et de rétention de la main-d’oeuvre, indique Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales pour l’ARQ. C’est particulièrement difficile de recruter des employés en cuisine. »

De leur côté, certains syndicats ont signifié par le passé qu’il était nécessaire d’améliorer les salaires des employés de cuisine, mais pas au détriment de ceux des serveurs. Selon les derniers chiffres récoltés auprès de ses membres par l’ARQ, en 2021, un cuisinier gagnait en moyenne 19,45 $ l’heure, alors qu’un serveur pouvait amasser environ 36 $ l’heure avec le pourboire.

Changements à venir ?

Un groupe de travail sur cette question, réunissant des acteurs de l’industrie et des fonctionnaires provinciaux, a tenu des rencontres dans la dernière année. Un rapport est en préparation, indique M. Vézina.

Questionnée par Le Devoir, la Coalition avenir Québec dit souhaiter poursuivre le travail pour que « les employeurs et les employés présentent une solution consensuelle ». Québec solidaire a dit privilégier une hausse du salaire minimum pour assurer une meilleure rémunération dans ce secteur, de même qu’une détaxation des restaurants.

Le Parti libéral du Québec se dit disposé à revoir les façons de faire, en veillant à ce que « la solution retenue soit acceptable pour les employés ». Le Parti conservateur du Québec a dit ne pas avoir encore pris position sur le sujet, mais vouloir « préserver la liberté de choisir pour les propriétaires ».

«Le Parti québécois compte rehausser significativement le salaire minimum à 18 $ de l’heure dans le prochain mandat», a pour sa part répondu la directrice adjointe aux communications du parti, Anne-Sophie Desprez.

Ce texte a été mis à jour après publication pour ajouter la réponse du Parti québécois.

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