Google consolide sa présence à Montréal

Il sera beaucoup question de sécurité informatique, de solutions infonuagiques et de services aux entreprises et aux gouvernements.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Il sera beaucoup question de sécurité informatique, de solutions infonuagiques et de services aux entreprises et aux gouvernements.

Google veut être davantage présent au Canada. Vu de Montréal, ça commence par l’inauguration de nouveaux bureaux en plein coeur du centre-ville, où il sera beaucoup question de sécurité informatique, de solutions infonuagiques et de services aux entreprises et aux gouvernements.

Google Canada devait d’ailleurs organiser une petite cérémonie le 12 septembre prochain pour officialiser l’ouverture de ses bureaux du 425, avenue Viger Ouest, rénovés pour accueillir le géant californien sur le thème de la durabilité et de l’effervescence toute montréalaise. Le décès de la reine Élisabeth II a toutefois forcé le report de cette activité.

Ces bureaux seront le point de départ pour les représentants de Google qui tenteront de séduire le monde des affaires montréalais et québécois, ainsi que les organismes publics qui ont à gérer des données numériques en grande quantité. Un peu dans l’ombre d’Amazon et de Microsoft, Google continue de lutter pour demeurer parmi les leaders des services infonuagiques.

Le virage numérique espéré des activités du gouvernement québécois et sa révision des lois qui encadreront bientôt plus sévèrement la façon dont les entreprises peuvent collecter et utiliser les données personnelles des citoyens sont deux cas où l’entreprise de Mountain View pense pouvoir gagner des parts de marché dans la province.

Avec l’ETS,  Concordia et Polytechnique, nous comptons à Montréal sur une commu-nauté assez importante de cher-cheurs et d’experts.


 

« Notre stratégie a deux volets, axés sur l’offre d’une solution sécurisée infonuagique d’une part et d’outils pour les travailleurs de bureau d’autre part », résume en entrevue avec Le Devoir Phil Venables, directeur général de la sécurité des données pour l’ensemble du groupe Google. « Nous avons une bonne connaissance à l’échelle mondiale de la façon dont il faut s’occuper des données pour se conformer à des cadres comme celui de [la Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels] », l’ex-projet de loi 64.

La volonté du gouvernement québécois sortant de créer un portefeuille numérique, sécurisé et universel pour chacun des résidents de la province n’effraie pas non plus Google. L’expert en sécurité espère seulement que Québec n’ira pas créer sa propre solution qui sera incompatible avec ce que proposent déjà Apple, Google et les autres. M. Venables peut se rassurer, Québec a des spécialistes qui étudient de près toutes les options.

La fin du mot de passe

 

À peu près tous les joueurs du secteur de la sécurité informatique discutent d’ailleurs ces jours-ci d’un futur plus sûr où on se connectera sans recourir à un mot de passe. Ces discussions se font à travers un organisme appelé FIDO Alliance. Des géants comme Amazon, Google et Microsoft en sont membres.

S’ils parviennent un jour à réellement faire disparaître le mot de passe, cela pourrait aussi affecter les activités de Google à Montréal, où ses chercheurs sont parmi les plus grands spécialistes mondiaux de la sécurité du courrier électronique. Des systèmes de courriel en général et du service Gmail en particulier. « Notre priorité est de protéger Google avant tout, mais nous avons une expertise assez diversifiée à Montréal qui va au-delà de la protection des boîtes de courriel Gmail », dit Pierre-Marc Bureau, programmeur pour Google. Son centre montréalais étudie les cybermenaces du moment pour tenter de les déjouer : hameçonnage, logiciels malveillants, rançongiciels, etc.

M. Bureau rappelle que la métropole québécoise compte sur un bon nombre d’experts en sécurité informatique, mais qu’on oublie parfois de le mentionner. Selon lui, en combinant la recherche universitaire dans le domaine à ce que font des entreprises comme Google, il y aurait moyen de créer un autre pôle technologique en ville.

« Avec l’ETS, Concordia et Polytechnique, nous comptons à Montréal sur une communauté assez importante de chercheurs et d’experts », dit l’expert de Google. « On n’est pas encore là, mais je rêve de voir cette communauté devenir aussi attrayante pour Montréal que l’est l’intelligence artificielle actuellement. »

Évidemment, cela devra passer par la création d’entreprises, l’ouverture de nouveaux centres de recherche et de sièges sociaux régionaux, comme ça s’est fait en IA et dans le multimédia dans les vingt dernières années. Et même si la cybersécurité montréalaise n’y est pas encore, elle peut toujours compter sur la présence plus soutenue de Google pour stimuler cette croissance… et celle des services infonuagiques également, bien entendu.

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