Nouvelle hausse de l’endettement des Canadiens

La dette non hypothécaire moyenne par consommateur était de 21 128$ au deuxième trimestre, en hausse de 2,4% par rapport à l’année précédente.
Photo: Juan Monino Getty Image La dette non hypothécaire moyenne par consommateur était de 21 128$ au deuxième trimestre, en hausse de 2,4% par rapport à l’année précédente.

La dette totale des consommateurs canadiens a atteint 2320 milliards au deuxième trimestre, un montant en hausse de 8,2 % par rapport au même trimestre l’an dernier, a indiqué mardi Equifax Canada.

Selon le rapport de l’agence de notation de crédit, l’augmentation des nouveaux prêts et la hausse des dépenses liées à l’inflation ont contribué à porter la dette non hypothécaire des consommateurs à 591,4 milliards $, en hausse de 5,2 % par rapport à il y a un an. La dette non hypothécaire moyenne par consommateur était de 21 128 $ au deuxième trimestre, en hausse de 2,4 % par rapport à l’année précédente. Ce montant s’est établi à 18 429 $ au Québec, qui se classe ainsi à l’avant-dernier rang des provinces canadiennes.

La vice-présidente des analyses avancées chez Equifax Canada, Rebecca Oakes, souligne que le stress financier devient une réalité pour beaucoup plus de Canadiens. L’impact sur le crédit à la consommation n’est pas seulement visible dans les dépenses quotidiennes par carte de crédit, mais également dans d’autres dettes non hypothécaires comme les marges de crédit, où les soldes sont en hausse, a noté Mme Oakes.

Les soldes des cartes de crédit ont atteint leur plus haut niveau depuis le quatrième trimestre de 2019, a précisé Equifax. « Les dépenses par cartes de crédit atteignent des sommets historiques, a affirmé Mme Oakes. La forte demande des consommateurs pour les cartes de crédit se traduit par un marché concurrentiel pour les prêteurs. Par conséquent, les limites de crédit offertes pour les nouvelles cartes sont beaucoup plus élevées que celles des périodes précédentes. » Equifax affirme que la limite de crédit moyenne sur les nouvelles cartes est supérieure à 5800 $, la plus élevée des sept dernières années.

Toujours inabordables

 

Le rapport indique également que le volume des nouveaux prêts hypothécaires a chuté de 16,4 % au deuxième trimestre, par rapport à la même période l’an dernier, dans un marché du logement légèrement moins actif ces derniers mois. Malgré le ralentissement du marché du logement, le montant moyen des prêts pour les acheteurs d’une première maison n’a diminué que de 0,5 % au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre, les mensualités moyennes augmentant de 10 %.

« Le ralentissement du marché immobilier au Canada est loin d’être synonyme d’augmentation de l’abordabilité », a fait valoir Mme Oakes. « L’abordabilité dépend non seulement des prix des maisons, mais aussi des obligations de remboursement mensuelles associées aux prêts hypothécaires. Des taux d’intérêt plus élevés, associés à une forte inflation, contribuent réellement à accroître les dépenses mensuelles des consommateurs ; beaucoup pourraient avoir de la difficulté à être admissibles à un prêt hypothécaire. »

Le rapport indique que le montant moyen des prêts pour les nouvelles hypothèques au Canada était de plus de 367 000 $, avec des prêts moyens pour les acheteurs d’une première maison à plus de 430 000 $.

Le ralentissement du marché immobilier au Canada est loin d’être synonyme d’augmentation de l’abordabilité

 

Equifax a également noté que l’insolvabilité des consommateurs avait atteint les niveaux les plus élevés depuis le début de la pandémie, principalement en raison d’une augmentation des propositions de consommateurs.

Nouvelle hausse des taux

 

Le rapport intervient alors que les économistes anticipent une forte hausse des taux d’intérêt de la part de la Banque du Canada mercredi, la banque centrale s’efforçant de lutter contre l’inflation. En juillet, la Banque du Canada a relevé son taux directeur d’un point de pourcentage, à 2,5 %, sa plus forte augmentation unique depuis août 1998. Plusieurs analystes financiers prévoient qu’elle relèvera à nouveau son taux mercredi, possiblement de 0,75. D’autres parlent de 1 point de pourcentage.

Karyne Charbonneau, directrice générale des études économiques de la Banque CIBC, croit que la hausse du taux directeur pourrait être la dernière avant un moment. À son avis, d’ici le mois prochain, la situation économique du Canada pourrait être suffisamment confortable pour que la banque fasse une pause.

L’économiste David Macdonald, du Centre canadien de politiques alternatives, prévient pour sa part que la cadence rapide des hausses des taux d’intérêt pourrait avoir de graves répercussions en raison du niveau élevé d’endettement des entreprises et des ménages. Il souligne que la dette du secteur privé s’élève à 225 % du PIB. En comparaison, la dernière fois que la banque a relevé ses taux d’intérêt aussi rapidement, la dette du secteur privé s’établissait à 142 %.

À voir en vidéo