Des plans pour convertir une papetière en centrale biomasse

La fermeture de l’usine de cellulose de Thurso, en Outaouais, a mené à la suppression de plus de 300 emplois.
Photo: Wikimedia Commons La fermeture de l’usine de cellulose de Thurso, en Outaouais, a mené à la suppression de plus de 300 emplois.

Une entreprise montréalaise projette de convertir l’usine de cellulose de Thurso, en Outaouais, dont la fermeture a mené à la suppression de plus de 300 emplois, en une usine de production de granules et en une centrale biomasse.

« Nous proposons la conversion de cette usine en manufacture de combustible renouvelable [plus précisément de granules] et [de] production électrique [alimentée par un système de cogénération de biomasse résiduelle] », lit-on dans une récente inscription de l’entreprise Plant-E au registre des entreprises.

L’entreprise de Montréal investit dans les énergies renouvelables et les infrastructures propres, en plus de chapeauter des projets liés à la décarbonation.

À la fin mars, en partenariat avec Hydromega Services, Plant-E a fait l’acquisition de la centrale de cogénération de la Haute-Yamaska de Sainte-Cécile-de-Milton. D’une puissance de 2,0 MW, la centrale utilise les biogaz produits par le site d’enfouissement Roland Thibault, qui y est adjacent, afin de produire de l’électricité vendue à Hydro-Québec dans le cadre d’un contrat d’achat.

Dans son projet de relance de l’usine de Thurso, Plant-E miserait notamment sur la production de granules de bois compressé, issues de la transformation de copeaux, de sciures et de rabotures. Le second volet, celui de centrale biomasse, consisterait en la mise en place d’un système utilisant ces résidus de bois pour produire non seulement de l’électricité, mais aussi de la vapeur pouvant servir au chauffage industriel, par exemple.

Le p.-d.g. de l’entreprise, Pierre Plante, n’a pas répondu aux appels du Devoir. Pour sa part, le cabinet BCF, qui représente l’entreprise dans ses démarches auprès des ministères de l’Économie, des Forêts et du Conseil exécutif, a indiqué par courriel ne pas « commenter les dossiers de [ses] clients ».

Espoirs de relance

 

Rappelons que l’usine de cellulose de l’entreprise Fortress, à Thurso, a tout d’abord stoppé momentanément ses activités en octobre 2019. La raison alors évoquée : la baisse de la demande chinoise en textiles de vêtements, et donc des matières nécessaires à leur confection, comme la pâte dissolvante que produisaient les installations.

L’arrêt des activités, qui ne devait durer que quelques mois, s’est finalement transformé en fermeture définitive. Depuis, on tente de relancer les activités de l’usine.

Le maire de Thurso, Benoit Lauzon, rappelle que la ville de 3000 habitants a subi de plein fouet cette fermeture : 40 % des 330 personnes qui ont perdu leur emploi habitaient la municipalité. « Environ 120 familles ont été touchées par la fermeture. Et pour une ville comme la nôtre, c’est aussi tous les commerces qui ont aussi été durement touchés : ils profitaient de ce que consommaient les employés. »

Le projet de Plant-E fait partie d’une liste d’initiatives envisagées pour relancer les activités de l’usine, précise-t-il. « D’autres entreprises sont intéressées au site. Autour de quatre ou cinq entreprises sont encore en discussion avec le ministère de l’Économie à ce sujet. » Tout projet de relance de l’usine devra prendre en considération les besoins de la région de l’Outaouais, estime d’ailleurs l’élu : « Un million de mètres cubes [de résidus de bois] y étaient traités. Donc, qu’est-ce qu’on va faire de ce bois-là, de cette quantité-là ? Le projet doit répondre à ça. »

Des rencontres ont eu lieu entre le ministère de l’Économie et des entreprises « dans les dernières semaines », assure le maire de Thurso, qui espère qu’un projet pourra être annoncé sous peu.

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