Vers une hausse «inévitable» du nombre d’heures de travail

Les difficultés de recrutement, voire de maintien en poste des employés existants, y sont pour beaucoup dans la hausse des heures de travail prévue pour les prochains mois.
Graham Hughes La Presse canadienne Les difficultés de recrutement, voire de maintien en poste des employés existants, y sont pour beaucoup dans la hausse des heures de travail prévue pour les prochains mois.

Les employés — et les patrons — devront travailler un plus grand nombre d’heures au cours des trois mois à venir, estiment plus de la moitié des entreprises québécoises. C’est ce que révèle l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui a analysé les données québécoises à même l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises portant sur le deuxième trimestre de 2022. Le message est clair : « La hausse du nombre d’heures travaillées par la direction ou par le personnel actuel sera inévitable pour plus de la moitié des entreprises. »

Les difficultés de recrutement, voire de maintien en poste des employés existants, y sont pour beaucoup. « Pour les trois mois à venir, plus de la moitié des entreprises confrontées aux obstacles liés à la main-d’oeuvre prévoient que la direction (58 %) ou le personnel actuel (51,3 %) devront augmenter leur nombre d’heures travaillées », prévient l’ISQ.

La hausse du nombre d’heures de travail par le personnel actuel est anticipée pour 64,9 % des entreprises dans le secteur des arts, spectacles et loisirs ; pour 63,5 % des entreprises dans les services immobiliers et la location ; pour 62,9 % des entreprises dans l’hébergement et la restauration ; et pour 60,6 % des entreprises dans la construction.

64,9%

C’est la proportion des entreprises du secteur des arts, spectacles et loisirs dont la hausse du nombre d’heures au travail par le personnel actuel est anticipée.

Et la hausse du nombre d’heures de travail par la direction est attendue dans les secteurs de l’agriculture, foresterie, pêche et chasse, dans les services professionnels, scientifiques et techniques, de même que dans la construction.

De même, plus de la moitié des entreprises (55,8 %) s’attendent à ce que l’inflation devienne un enjeu plus important dans les discussions avec leurs employés, pour ce qui est des augmentations de salaire, au cours de l’année à venir. C’est particulièrement le cas dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement (77,8 %), du commerce de détail (70,3 %) et de la fabrication (63,7 %). Déjà, bon nombre de représentants syndicaux ont rapporté que leurs membres insistent pour avoir des augmentations de salaire qui tiennent compte davantage de l’inflation, afin de ne pas perdre de pouvoir d’achat.

Reste que, dans l’ensemble, les entreprises du Québec se montrent plus optimistes au deuxième trimestre de 2022 qu’au précédent trimestre.

Mais pour les trois mois à venir, plusieurs obstacles se dressent encore devant elles, parmi lesquels : la pénurie de main-d’oeuvre, l’augmentation du coût des intrants, le recrutement d’employés qualifiés, les coûts liés au transport, de même que le maintien en poste des employés qualifiés. Pour ce qui est des obstacles liés à la main-d’oeuvre, dans les trois mois à venir, en plus de la hausse du nombre d’heures de travail, les entreprises québécoises s’attendent aussi à un ralentissement de la croissance de l’entreprise, à l’embauche de candidats moins qualifiés et à des retards dans l’exécution des commandes des clients.



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