Est-ce rentable de travailler quand on est retraité?

S’ajoute à l’incitation au travail des personnes plus âgées le report possible du début du versement de la PSV et de la rente du Régime de rentes du Québec, qui vient majorer considérablement les prestations reportées.
Getty Images S’ajoute à l’incitation au travail des personnes plus âgées le report possible du début du versement de la PSV et de la rente du Régime de rentes du Québec, qui vient majorer considérablement les prestations reportées.

Ce texte est tiré du Courrier de l’économie du 15 août 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Je connais plein de retraités qui aimeraient travailler deux ou trois jours par semaine. Mais en travaillant, ils font remonter leur taux d’imposition, et remettent donc le tout ou plus au gouvernement. Moi, je travaille pour ma santé physique et mentale, mais mon comptable me dit que je baisse mon revenu […] et que je redonne de l’argent au gouvernement.

La Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP) de l’Université de Sherbrooke avait rendu publique au printemps 2021 une étude dans laquelle elle compare 28 profils différents de contribuables touchant un salaire en plus d’un revenu de retraite. Dans 23 des 28 cas analysés, ces travailleurs expérimentés conservaient plus de 60 % des nouveaux revenus de travail gagnés, a-t-on pu lire.

 

La CFFP est revenue sur le thème en juillet dernier avec l’analyse de huit profils. « Dans tous les cas, les taux de conservation du revenu de travail sont plus élevés que 50 %. Pour les plus bas revenus et lorsque les ajouts de revenus de travail sont de 15 000 $ et moins (soit l’équivalent de 20 heures de travail par semaine au salaire minimum), les taux de conservation varient entre 66 % et 73 % », a-t-elle conclu.

Lorsqu’on les compare à la situation d’un ménage non retraité dont un conjoint décide d’aller chercher un revenu supplémentaire, pour un revenu de travail comparable au départ, « à l’exception des ménages à revenu élevé, les taux de conservation du revenu de travail sont toujours plus élevés pour les retraités […] Dans le cas des ménages à revenus élevés, c’est la récupération de la Pension de sécurité de vieillesse (PSV) qui explique ces taux plus bas que ceux des travailleurs ».

Avec la pénurie de main-d’oeuvre, pourquoi ne pas favoriser les « jeunes » retraités sexagénaires en leur permettant de retourner sur le marché du travail (à temps partiel) sans toutefois être pénalisés sur le plan fiscal ?

 

S’ajoute à l’incitation au travail des personnes plus âgées le report possible du début du versement de la PSV et de la rente du Régime de rentes du Québec, qui vient majorer considérablement les prestations reportées.

Une modification et un ajout au système fiscal sont venus renforcer l’incitation au maintien au travail des personnes plus âgées.

D’abord, le Supplément de revenu garanti (SRG). L’admissibilité au SRG dépend du revenu, ce qui comprend tous les revenus, sauf la PSV, et le revenu de travail comprend à la fois celui d’employé ou de travailleur indépendant. Désormais, la première tranche de 5000 $ de revenu de travail net des cotisations sociales n’a pas à être considérée dans le calcul du revenu servant à la détermination du SRG. Et, pour un revenu de travail entre 5000 $ et 10 000 $, seule la moitié doit être incluse dans le calcul. Avant juillet 2020, l’exemption des gains au revenu tiré d’un travail était de 3500 $ seulement, et cela ne couvrait pas le revenu tiré d’un travail indépendant, explique la CFFP.

Ensuite, le crédit d’impôt pour prolongation de carrière, une mesure du Québec mise en place en 2012. Il s’agit d’un crédit d’impôt non remboursable visant à éliminer l’impôt à payer sur une partie du revenu de travail des travailleurs expérimentés afin de les inciter à demeurer ou à retourner sur le marché du travail. Ce crédit d’impôt, de 15 %, s’applique sur les revenus de travail supérieurs à 5000 $. Le crédit maximal est de 1500 $ pour les personnes âgées de 60 à 64 ans et de 1650 $ à partir de 65 ans. Le crédit est réductible quand le revenu de travail dépasse un certain seuil (36 590 $ en 2022), poursuit la CFFP.

Ce texte est tiré de notre Courrier de l’économie.

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