La CDPQ dit avoir perdu les 200 millions investis dans Celsius Network

« Personne à la Caisse, moi le premier, n’est content du résultat de ce dossier-là », regrette le patron de la CDPQ, Charles Émond.
Jacques Nadeau Le Devoir « Personne à la Caisse, moi le premier, n’est content du résultat de ce dossier-là », regrette le patron de la CDPQ, Charles Émond.

Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond, a reconnu l’échec de l’investissement dans Celsius Network, une société de prêt de cryptomonnaie en faillite. L’institution considère son investissement dans l’entreprise, chiffré à environ 200 millions de dollars canadiens, comme déjà perdu.

« C’est un investissement que je considère comme radié, parce qu’on a toujours un biais de prudence dans nos évaluations », a expliqué M. Emond, lors d’un point de presse mercredi, en marge de la présentation des résultats de la Caisse pour le premier semestre de l’année. La Caisse évalue désormais ses « options légales », a-t-il souligné.

« Personne à la Caisse, moi le premier, n’est content du résultat de ce dossier-là », regrette M. Emond. « Cela dit, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’une exception dans notre portefeuille de capital de risque, un portefeuille qui est performant — avec 35 % de rendement par année depuis cinq à sept ans », a-t-il précisé.

« La vérification diligente n’est pas toujours garante de succès », a par ailleurs souligné le président et chef de la direction de la Caisse. Cela n’empêche que les équipes responsables de l’analyse et de la vérification diligente concernant cet investissement seront tenues imputables, a indiqué M. Emond.

Un investissement hâtif

 

Le président et chef de la direction de la Caisse a reconnu que l’institution est arrivée « trop tôt dans un secteur en transition, avec une entreprise qui avait à gérer une croissance extrêmement rapide, même une crise de croissance ».

Comme défense, M. Emond a rappelé que la Caisse n’est pas la seule institution à s’être impliquée dans le secteur des cryptoactifs — citant notamment le cas de la société américaine BlackRock, leader mondial de la gestion d’actifs. 

« Ce qui nous intéressait, c’était de saisir le potentiel de la technologie de chaînes de bloc et de contribuer également à réglementer ce secteur. Clairement, ça ne s’est pas passé tel qu’anticipé », a-t-il reconnu.

En octobre dernier, la Caisse avait investi 150 millions de dollars américains dans Celsius Network, soit environ 200 millions de dollars canadiens. Or, en juillet, l’entreprise s’est déclarée en faillite, près d’un mois après avoir gelé les actifs de ses 1,7 million de membres.

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