Perte nette de 28 milliards pour le début de 2022

«On ne se réjouit jamais d’un rendement négatif, mais on fait mieux que le marché», a souligné Charles Emond, président et chef de la direction de la CDPQ.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «On ne se réjouit jamais d’un rendement négatif, mais on fait mieux que le marché», a souligné Charles Emond, président et chef de la direction de la CDPQ.

Affectée par la correction simultanée des marchés boursiers et obligataires, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a affiché un rendement global négatif de 7,9 % pour les six premiers mois de l’année 2022.

Au total, l’actif net de la Caisse de dépôt se chiffre désormais à 392 milliards de dollars, une chute de 28,2 milliards. « On ne se réjouit jamais d’un rendement négatif, mais on fait mieux que le marché », a souligné en point de presse le président et chef de la direction de la CDPQ, Charles Emond.

Pour la première moitié de l’année, la performance de la Caisse est supérieure à celle de son portefeuille de référence, qui a baissé de 10,5 %. Ses rendements annualisés sur cinq ans et sur dix ans, respectivement à 6,1 % et 8,3 %, sont eux aussi supérieurs à cet indice.

Le contexte instable actuel « est une situation difficile pour bien des gens », a reconnu M. Emond. « Non seulement tout coûte plus cher, mais les gens voient également leurs épargnes baisser », a-t-il dit. Le p.-d.g. de la CDPQ a ainsi tenu à rassurer les Québécois : « Leurs pensions ne sont absolument pas à risque ».

Il a également rappelé que les chiffres présentés mercredi s’arrêtent à la fin du mois de juin, soit tout juste avant le rebond qu’ont connu les marchés en juillet. « Si on prenait la photo aujourd’hui, un mois et quelques plus tard, le portrait serait nettement différent. En fait, on aurait 15 milliards de plus à nos actifs, ce qui est environ la moitié de la baisse des six premiers mois », a-t-il souligné.

La bonne performance de juillet n’est toutefois pas garante des prochains mois, convient-il, et le reste de l’année risque encore d’être « extrêmement difficile ».

Des résultats différenciés

 

Les actions d’entreprises cotées en Bourse constituent la catégorie d’actifs qui a le plus souffert au cours des six premiers mois de l’année (-16,0 %). « Les investisseurs ont dû naviguer dans le pire semestre des 50 dernières années », a tenu à rappeler M. Emond.

Dans un contexte exceptionnel de correction simultanée des marchés boursiers et obligataires, la Caisse de dépôt enregistre aussi une baisse de rendement en revenu fixe pour la première moitié de l’année (-13,1 %).

Du côté des actifs réels, toutefois, les portefeuilles en immobilier et en infrastructures ont enregistré des rendements positifs (respectivement de 10,2 % et 5,8 %), « signe que ces derniers jouent bien leur rôle de diversification en permettant de limiter l’impact de l’inflation sur le portefeuille global », détaille-t-on dans le communiqué de la Caisse.

D’ailleurs, même si les actifs pétroliers connaissent une forte augmentation depuis plusieurs mois, dopés par une demande en énergie robuste et une offre serrée, le p.-d.g. de la CDPQ dit n’avoir « aucun » regret quant à la sortie complète de l’institution du secteur du pétrole.

« Je ne voudrais pas qu’il y ait une impression dans la population qu’il y a eu des pertes [en vendant nos actifs pétroliers] », a affirmé M. Emond, en réaction à un article de La Presse qui chiffrait à près d’un milliard de dollars l’argent que la CDPQ aurait pu encaisser si elle avait attendu davantage avant de se départir de la majorité de ces titres. « On a vendu à profit », a-t-il insisté, expliquant qu’il n’y avait pas de moment parfait pour le faire.

« On est allés chercher six milliards de dollars de rendement, sur une période de deux à trois ans, dans les énergies renouvelables et deux milliards de dollars avec le gaz naturel, qui est une source d’énergie de transition », a par ailleurs souligné M. Emond pour justifier la stratégie de l’institution québécoise.

Les résultats du premier semestre de 2022

Rendement global moyen : -7,9 %

Revenu fixe : -13,1 %

Actions d’entreprises cotées en Bourse : -16,0 %

Actions d’entreprises privées : -2,4 %

Immobilier : +10,2 %

Infrastructures : +5,8 %



À voir en vidéo