Les hôtels de Montréal sur une bonne lancée

Après avoir été anémiques en été 2020 et 2021, les taux d’occupation des hôtels montréalais sont presque aussi élevés qu’en 2019, qui était une année record.
Marie-France Coallier Le Devoir Après avoir été anémiques en été 2020 et 2021, les taux d’occupation des hôtels montréalais sont presque aussi élevés qu’en 2019, qui était une année record.

L’été a été salutaire jusqu’à présent pour l’industrie touristique montréalaise, notamment les hôteliers, selon le bilan de mi-saison publié jeudi par Tourisme Montréal. Après avoir été anémiques en été 2020 et 2021, les taux d’occupation des hôtels de la métropole sont maintenant presque aussi élevés qu’en 2019, qui a été une année record. En juin, par exemple, ils sont passés de 84,2 % en 2019, à 12,3 % en 2020, à 24,3 % en 2021 et enfin à 74,8 % en 2022, selon l’Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM).

« L’hôtellerie a souffert au Québec, mais à Montréal encore plus. On était dans le rouge foncé, car les Québécois sortaient des grandes villes l’été », se rappelle le président-directeur général de l’AHGM, Jean-Sébastien Boudreault. « On s’est endetté beaucoup, mais on commence à reprendre le dessus. » Ce dernier s’attendait à une relance, mais pas aussi rapide ; il croit que 2023 sera aussi une bonne année, car plusieurs événements prévus en 2020 et 2021 ont été repoussés à l’année prochaine.

Les revenus des hôteliers cette année ont d’ailleurs dépassé ceux de 2019 en raison de l’augmentation du prix des chambres. Le soulagement n’est toutefois pas encore total pour le milieu. « On entend parler de huitième vague et on voit l’automne s’en venir. Tant qu’on n’aura pas passé l’hiver prochain sans refermer, on va toujours avoir une petite crainte », souligne M. Boudreault.

Un hiver sans fermeture forcée pourrait aussi ramener au bercail les travailleurs ayant quitté ce secteur d’activité qu’ils jugeaient trop instable. Il manque de 10 % à 15 % des effectifs dans les établissements d’hébergement dans les hôtels de la métropole, note d’ailleurs le p.-d.g. de l’AHGM.

L’afflux de visiteurs pour les six premiers mois de 2022 a dépassé les prévisions de Tourisme Montréal (TM), avec 75 % du nombre de touristes qui ont sillonné la métropole pendant la même période en 2019. « On a travaillé pratiquement comme à la guerre pour faire revenir les visiteurs », rapporte Manuela Goya, vice-présidente aux affaires publiques pour TM. « On avait perdu des congrès ; on est allé les rechercher. On a fait des campagnes de promotion en misant seulement sur nos marchés les plus importants, comme la France, les États-Unis et l’Ontario. » L’organisme attribue aussi cette remontée au retour d’une majorité des liaisons aériennes, des festivals, de la Formule 1 et d’autres événements sportifs. Mme Goya estime toutefois qu’il faudra continuer de déployer des efforts pour reconquérir le coeur des touristes : « Il n’y a rien d’acquis. »

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