Les produits non alimentaires restent sur les tablettes

Une majorité de consommateurs dépenseront probablement moins dans les mois à venir à cause de l’augmentation des taux directeurs de la Fed, ce qui refroidira l’économie et devrait ralentir l’inflation.
Photo: Andres Kudacki Associated Press Une majorité de consommateurs dépenseront probablement moins dans les mois à venir à cause de l’augmentation des taux directeurs de la Fed, ce qui refroidira l’économie et devrait ralentir l’inflation.

La croissance des ventes des Compagnies Loblaw ralentit alors que l’inflation continue de peser sur l’économie et de modifier les habitudes d’achat des consommateurs, a souligné mercredi le président du conseil d’administration de la société.

La plus grande chaîne d’épiceries et de pharmacies du pays entrevoit « un peu de ralentissement » avec sa marque de vêtements Joe Fresh dans les mois à venir, mais c’est surtout au chapitre de la « marchandise générale », soit les ventes non alimentaires hors vêtements, qu’elle a observé « une baisse notable » au cours du dernier trimestre, a affirmé Galen Weston. « Cela a certainement eu un impact sur nos résultats globaux de ventes [comparables] », a-t-il indiqué aux analystes lors d’une conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre de l’entreprise.

Plusieurs grands détaillants américains ont mis en garde le secteur ces derniers mois à propos des stocks invendus, les acheteurs réduisant leurs dépenses en raison de la hausse des prix. Des entreprises comme Walmart et Target ont évoqué que leurs bénéfices pourraient en pâtir, car elles sont obligées de liquider les stocks excédentaires.

« La clé, dans cette circonstance, se trouve dans les stocks. La question est de savoir comment on se sent par rapport aux stocks et de voir si on a besoin de recourir à des démarques dynamiques pour faire disparaître ces stocks », a affirmé M. Weston. « La réponse est que nous nous sentons bien avec les stocks, et nous ne voyons aucun risque de marge important associé à la liquidation de ce qui reste. »

La société a enregistré une augmentation de ses bénéfices et de ses ventes au deuxième trimestre, les ventes des pharmacies ayant stimulé l’expansion globale des marges. Les ventes des pharmacies ouvertes depuis au moins un an ont augmenté de 5,6 %, tandis que la vente de services pharmaceutiques et de soins de santé a augmenté de 6,1 %.

Des lieux plus courus

 

Pendant ce temps, Shoppers Drug Mart — exploitée sous l’enseigne Pharmaprix au Québec — a ouvert au cours du trimestre ses premières cliniques sans rendez-vous au Canada, dotées exclusivement de pharmaciens, a-t-il ajouté. « Nous avons quatre salles de consultation, nous avons quatre pharmaciens et nous voyons des patients très, très fréquemment », a expliqué M. Weston. « Alors que les provinces deviennent plus à l’aise avec l’idée d’élargir le champ de pratique des pharmaciens, nous voyons une occasion d’avoir des emplacements sélectionnés qui peuvent fournir un service dans le genre de celui des cliniques de santé, fourni par des pharmaciens. »

De plus, la division des épiceries à bas prix du détaillant affiche toujours une forte croissance. Loblaw a noté que ses enseignes « à grands escomptes » No Frills et Maxi ainsi que ses marques maison Sans nom et Le choix du président continuaient d’être appréciées des acheteurs à la recherche d’aubaines.

Pourtant, certains signes laissent croire que l’inflation a atteint un sommet ou l’atteindra bientôt, et certains s’attendent à voir l’inflation se modérer au second semestre de l’année, a expliqué le directeur financier de Loblaw, Richard Dufresne. « Les prix des matières premières baissent, certains coûts de fret diminuent, et les problèmes de chaînes d’approvisionnement se [règlent] — à l’exception des coûts du carburant, qui restent élevés, mais en baisse par rapport à leurs sommets de mars dernier », a-t-il précisé.

La société exploitant les épiceries Loblaws et Provigo a fait état d’un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 387 millions, ou 1,16 dollar par action, une augmentation de 3,2 % par rapport à celui de 375 millions, ou 1,09 dollar par action, il y a un an. Le bénéfice ajusté s’est établi à 566 millions, ou 1,69 dollar par action, alors qu’il était de 464 millions, ou 1,35 dollar par action, au deuxième trimestre de 2021.

Les revenus se sont élevés à 12,85 milliards, soit une augmentation de 2,9 %, contre un chiffre d’affaires de 12,49 milliards au même trimestre de l’exercice précédent.

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