SNC-Lavalin se positionne dans le nucléaire en Roumanie

La centrale de Cernavoda en 2003
Photo: Daniel Mihailescu Agence France-Presse La centrale de Cernavoda en 2003

Profitant de l’engouement pour l’énergie nucléaire que suscite la lutte contre les changements climatiques, SNC-Lavalin remporte un contrat de 64 millions de dollars en Roumanie pour prolonger la durée de vie d’une centrale, raffermissant ainsi sa position dans un pays qui veut développer davantage cette filière pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

La division nucléaire de SNC-Lavalin, Candu Énergie, a été choisie par la société d’État roumaine Nuclearelectrica pour fournir des services de conception et d’ingénierie à la centrale nucléaire de Cernavoda, situé dans le sud-est du pays.

Les travaux qu’effectuera SNC-Lavalin se concentreront sur l’unité 1 du réacteur CANDU. À lui seul, celui-ci produit 10 % de l’ensemble de l’électricité de la Roumanie. L’objectif : prolonger la durée de vie utile du réacteur jusqu’en 2060.

Et ce contrat pourrait bien être le premier d’une longue série, indique au Devoir le vice-président principal, Marketing et développement des affaires à Candu Énergie : « Dans le contexte de lutte contre les changements climatiques, la Roumanie veut vraiment redémarrer son industrie nucléaire ».

Dans les années 1990, la Roumanie avait d’abord planifié la mise en service de quatre centrales nucléaires fonctionnant à partir d’un réacteur CANDU 6. Seulement deux auront finalement été construites, la première en 1996 et la deuxième en 2007. La Roumanie compte augmenter sa capacité de production d’énergie nucléaire dans les prochaines années.

« Les unités 3 et 4 n’ont pas été faites, mais la Roumanie veut les construire. On ne peut rien annoncer pour le moment, mais ça devrait pouvoir se faire très rapidement », dit au Devoir Carl Marcotte, qui était justement à Washington pour rencontrer le ministre de l’Énergie de la Roumanie, Virgil-Daniel Popescu.

Un secteur encore prometteur ?

La Roumanie n’est pas le seul pays à considérer le nucléaire comme une énergie qui lui permettrait de réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre. « Je passe mon temps à discuter avec des clients existants ou potentiels ; tout le monde parle de vouloir investir davantage aussi bien dans les grandes centrales que dans ce qu’on appelle les petits réacteurs modulaires. Les gens veulent avoir des discussions », note M. Marcotte.

Depuis le début de l’année, SNC-Lavalin multiplie les annonces dans le secteur de l’énergie nucléaire. En avril, l’entreprise montréalaise annonçait deux importantes ententes pour prolonger l’exploitation de centrales existantes au Canada.

En parallèle, SNC-Lavalin a aussi augmenté sa présence dans le secteur des petits réacteurs modulaires (PRM). Les PRM sont des centrales nucléaires d’une capacité de production inférieure à 300 MW, alors que la puissance d’un réacteur typique se situe entre 700 MW et 1500 MW.

En février, l’entreprise devenait partenaire de Rolls-Royce pour développer un modèle de PRM qui pourrait être en service dès 2030 au Royaume-Uni. L’entreprise de Montréal doit étendre son appui à d’autres facettes avec ce partenaire, allant de la sécurité des installations à la gestion des déchets en passant par la manutention et l’ingénierie mécanique.

Ce printemps, elle annonçait un partenariat avec Moltex Energy, une entreprise britannique qui non seulement développe un nouveau modèle de PRM au Nouveau-Brunswick, mais travaille aussi sur un procédé permettant de recycler et de retraiter jusqu’à 50 % des déchets radioactifs des grandes centrales.

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