Surtaxe sur le bois d'oeuvre - Québec écarte toute représaille contre les Américains

Québec — Le gouvernement québécois écarte toute mesure de représailles contre les Américains à la suite de la surtaxe de 27,2 % qui s'appliquera aux exportations de bois à compter du 23 mai prochain.

«C'est une position de notre gouvernement. S'en aller sur la voie des mesures de représailles n'envoie pas un bon signal sur notre volonté de maintenir des relations d'affaires. On est un marché d'exportation», a déclaré hier le ministre des Ressources naturelles, François Gendron, qui assistait au 49e congrès annuel de l'Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec (AMBSQ).


M. Gendron a noté que le Québec devra continuer à exporter ses produits, quoi qu'il arrive, compte tenu du faible bassin de sa population.


Si toutefois le gouvernement fédéral décide d'envisager de telles mesures de représailles et met le gouvernement québécois dans le coup, «on y pensera», a dit M. Gendron.


Cet avis est partagé par le directeur de l'AMBSQ, Jacques Robitaille. «Je ne suis pas convaincu qu'on gagnerait par cette mesure car on est trop dépendants des exportations. On risquerait de mettre en péril une autre industrie», a dit M. Robitaille.


Entre-temps, le ministre Gendron a rencontré jeudi la consule générale des États-Unis à Québec, Susan Keogh-Fisher, dans une dernière tentative pour convaincre les Américains de ne pas appliquer cette surtaxe de 27,2 % sur les exportations québécoises de bois.


Le Québec a déjà consacré quelque cinq millions en frais juridiques pour faire bloquer la mesure votée par le American Department of Commerce, mais ces tentatives se sont révélées vaines jusqu'à maintenant.


Le dossier a été porté devant le tribunal international de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et devant le comité de règlement des litiges de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).


Le ministre Gendron a rappelé toutefois que les décisions de ces organismes sont longues à venir et pourraient tarder jusqu'à 2004.


Entre-temps, la taxe américaine aura des effets négatifs majeurs sur l'industrie du bois. Les impacts pourraient vouloir dire des pertes de 467 millions pour les producteurs québécois de bois, soit une baisse de 10 % de la production et la mise à pied de 3000 travailleurs.


«La vie économique de plusieurs municipalités du Québec en dépend», a déclaré le ministre Gendron, qui cite en exemple la municipalité de Landrienne, dans la circonscription d'Abitibi-Ouest qu'il représente à l'Assemblée nationale depuis 1976.


Par ailleurs, une rencontre entre le premier ministre du Québec, Bernard Landry, et son homologue fédéral, Jean Chrétien, au sujet de la surtaxe sur le bois pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine, alors que les deux dirigeants seront revenus de leur mission économique respective à l'étranger.