Airbus, Air Canada et six compagnies aériennes veulent capter du CO2

Le secteur aérien mondial est responsable de 2 à 3% des émissions mondiales de CO2.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le secteur aérien mondial est responsable de 2 à 3% des émissions mondiales de CO2.

Airbus et sept compagnies aériennes ont annoncé lundi avoir signé une lettre d’intention pour acheter 400 000 tonnes de crédits de CO2 qui sera capté dans l’air et stocké sous terre aux États-Unis.

L’avionneur, avec Air Canada, Air France-KLM, EasyJet, IAG, Latam, Lufthansa et Virgin Atlantic, a conclu ce partenariat avec la firme 1PointFive, selon un communiqué. Cette société entame la construction d’un site de captage et de stockage dans le bassin permien du Texas. Celui-ci sera opérationnel en 2024, a affirmé son président, Steve Belly, lors d’une conférence de presse. Avec une capacité de stockage d’un million de tonnes de CO2, ce sera le plus important site de stockage de CO2 dans le monde, « le premier à l’échelle de la mégatonne », selon lui.

La technologie, dite de captage direct avant stockage du carbone dans l’air (DACCS — Direct Air Carbon Capture and Storage) vise à capter le CO2 dans l’air à l’aide de puissants ventilateurs, alimentés par de l’électricité provenant de panneaux solaires, et de le stocker à près de 2000 mètres de profondeur. « La captation directe de carbone dans l’air est une technologie naissante avec un potentiel énorme », selon la responsable du développement durable d’EasyJet, Jane Ashton, pour qui elle « sera un élément essentiel de notre chemin vers le net zéro ».

« Pas de solution miracle »

Le secteur aérien mondial, responsable de 2 à 3 % des émissions mondiales de CO2, s’est engagé l’an passé à atteindre zéro émission nette de CO2 à l’horizon 2050 pour respecter l’Accord de Paris censé limiter le réchauffement à +1,5 °C. Elle compte pour cela sur les innovations technologiques et l’introduction graduelle de carburants d’aviation durables (SAF) capables de réduire de 80 % les émissions de CO2 par rapport au kérosène sur l’ensemble de leur cycle d’utilisation.

« Il n’y a pas de solution miracle pour arriver à la neutralité carbone en 2050 », a estimé Nicolas Chrétien, responsable Durabilité et Environnement au sein d’Airbus. « Il y aura des émissions résiduelles qui devront être supprimées de façon permanente, c’est l’objet de la capture du carbone », a-t-il expliqué.

La technique de captation et de stockage du CO2 est critiquée par une partie des ONG en pointe contre le réchauffement climatique.

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