Les ventes d’habitations reculent de 24% en juin, sur une base annuelle

«Les ventes résidentielles continuent de fléchir en raison de la hausse des taux d’intérêt et de l’incertitude qui plane», affirme la présidente de l’l’Association canadienne de l’immeuble, Jill Oudil.
Jacques Nadeau Archives Le Devoir «Les ventes résidentielles continuent de fléchir en raison de la hausse des taux d’intérêt et de l’incertitude qui plane», affirme la présidente de l’l’Association canadienne de l’immeuble, Jill Oudil.

Le refroidissement du marché immobilier national s’est poursuivi en juin avec une nouvelle baisse des ventes de maisons, mais l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a noté que cette dernière était plus faible que celles observées lors des mois précédents.

Les ventes d’habitations se sont chiffrées à 48 176 en juin, ce qui représente une baisse de 24 % par rapport aux 63 280 transactions du même mois en 2021, a précisé l’ACI.

Sur une base désaisonnalisée, les ventes ont diminué de près de 6 % par rapport à celles de mai.

L’association a attribué la baisse, qui n’était pas aussi importante que celles d’avril et de mai, aux pressions financières subies par les acheteurs potentiels, puisque la Banque du Canada a continué de relever son taux d’intérêt directeur.

La banque centrale a haussé mercredi son taux directeur d’un point de pourcentage complet pour le porter à 2,5 %. Il s’agissait de la plus forte hausse en 24 ans, mais l’ACI a souligné que les augmentations précédentes du taux avaient déjà commencé à transformer le marché le mois dernier.

« Les ventes résidentielles continuent de fléchir en raison de la hausse des taux d’intérêt et de l’incertitude qui plane », a affirmé la présidente de l’ACI, Jill Oudil, dans un communiqué de presse.

« Bien que les coûts d’emprunt aient remplacé l’offre comme facteur principal influençant le marché de l’habitation en ce moment, l’insuffisance de l’offre n’est pas comblée pour autant. »

Les observations de Mme Oudil reflètent ce que les agents immobiliers rapportent depuis des mois : le marché connaît un ralentissement.

Plus longtemps en vente

 

Dans des marchés généralement hyperactifs comme les régions du Grand Toronto et du Grand Vancouver, les agents ont remarqué que des maisons étaient inscrites à la vente bien plus longtemps qu’elles ne l’auraient été un an plus tôt ou même au début de 2022, lorsque la cadence des ventes était torride.

Les acheteurs attendent maintenant de voir à quel point leur pouvoir d’achat sera réduit à mesure que les taux grimpent, mais ils ont également reporté leurs offres parce que les prévisions les ont amenés à croire que les prix reculeraient encore davantage.

Le prix moyen national pour les logements a reculé de 2 % en juin, par rapport au même mois l’an dernier, pour s’établir à 665 849 $. Sur une base désaisonnalisée, il a reculé de 4 % par rapport au mois de mai.

Le mois dernier, l’ACI a prédit que le prix national moyen des maisons augmenterait de 10,8 % sur une base annuelle pour atteindre 762 386 $ en 2022. Elle prévoit les plus fortes hausses de prix pour les provinces maritimes, suivies de l’Ontario et du Québec.

La plupart des baisses de prix de juin émanaient de l’Ontario, mais l’ACI a également détecté un assouplissement en Colombie-Britannique et a indiqué que les prix avaient tendance à être « plus ou moins stables » dans les Prairies. Le Québec montrait quant à lui de petits signes de déclin.

Les nouvelles inscriptions à la vente ont grimpé de 4,1 % en juin comparativement à mai, notamment grâce à une hausse de l’offre à Montréal, et de 10 % par rapport au mois de juin 2021.

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