Hausse des revenus presque partout au Canada en 2020

Mme Yalnizyan, qui est la boursière Atkinson sur l’avenir des travailleurs, a fait valoir que les jeunes âgés de 15 à 34 ans ont actuellement «la plus grande longueur d’avance de toutes les générations depuis les années 1950» pour trouver les types d’emplois qu’ils souhaitent.
Photo: iStock Mme Yalnizyan, qui est la boursière Atkinson sur l’avenir des travailleurs, a fait valoir que les jeunes âgés de 15 à 34 ans ont actuellement «la plus grande longueur d’avance de toutes les générations depuis les années 1950» pour trouver les types d’emplois qu’ils souhaitent.

En mars 2020, juste avant les premiers confinements de la pandémie de COVID-19, Stéphanie Fortin, résidente d’Ottawa, venait de perdre son emploi à temps plein dans le commerce de détail.

Dès que les commerces ont fermé en raison des mesures de santé publique, il est devenu quasi impossible pour Mme Fortin de trouver du travail. Elle a donc demandé la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Quelque 20,7 millions de Canadiens ont reçu de l’aide en vertu des mesures liées à la pandémie en 2020, selon les données du recensement de 2021 de Statistique Canada publiées mercredi.

Les données montrent que les revenus canadiens ont augmenté de 9,8 % au début de la pandémie comparativement à cinq ans plus tôt. L’Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador ont été les seules provinces à avoir enregistré des baisses. Le revenu médian des ménages après impôt était de 73 000 $.

Bien que moins de Canadiens aient touché un revenu d’emploi pendant la pandémie, les prestations ont fait baisser le taux de faible revenu à 11,1 % en 2020, contre 14,4 % en 2015, la plus forte baisse depuis 1976. Statistique Canada attribue également aux programmes une diminution de l’inégalité des revenus.

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Des experts avaient averti que les données sur le revenu, qui sont basées sur les dossiers fiscaux et de prestations de l’Agence du revenu du Canada, présenteraient une image compliquée du début de la pandémie et devraient être considérées comme un instantané.

Pendant la période où elle a reçu la PCU, Mme Fortin a pu s’orienter vers une formation qui lui permettrait d’obtenir un emploi mieux rémunéré. La jeune femme de 30 ans a obtenu son diplôme ce printemps d’un programme d’assistante dentaire et a depuis trouvé un emploi.

Dans chaque crise économique, il y a une tendance mesurable de jeunes travailleurs qui poursuivent leurs études pour se rendre plus attrayants pour les employeurs, a expliqué l’économiste Armine Yalnizyan avant la publication des données du recensement.

Rebond « incroyablement rapide »

Bien que la PCU ait joué un rôle en aidant certains jeunes à atteindre ces objectifs, Mme Yalnizyan estime que le facteur le plus important auquel il faut prêter attention dans les tendances globales des revenus et du travail est le vieillissement de la population.

Un demi-million d’adultes sont entrés dans la tranche démographique des plus de 65 ans depuis le début de la pandémie, et de nombreux autres ont pris une retraite anticipée. Cela affecte la mobilité des jeunes adultes sur le marché du travail, a déclaré Mme Yalnizyan, mais faussera également les tendances du revenu moyen, car les retraités ont tendance à toucher des revenus fixes plus faibles.

La pandémie « n’a fait qu’accélérer ce qui allait se passer de toute façon », a déclaré Mme Yalnizyan, faisant référence au vieillissement de la population.

L’élargissement des programmes de travailleurs étrangers temporaires du Canada, pour lesquels la croissance des salaires est généralement stagnante, jouera aussi un rôle dans le portrait des revenus et du travail postpandémie, selon Mme Yalnizyan.

Le budget fédéral de cette année a promis de remédier aux pénuries de main-d’oeuvre en assouplissant les restrictions sur le nombre de travailleurs temporaires pouvant être recrutés et sur la durée de leur travail.

Cette pénurie de main-d’oeuvre reflète la rapidité avec laquelle les taux d’emploi sont revenus à quelque chose qui semblait normal après la crise initiale de la pandémie, selon Casey Warman, professeur d’économie à l’Université Dalhousie.

« Le rebond a été incroyablement rapide. Étonnamment rapide, a-t-il déclaré dans une entrevue avant la publication des données du recensement. À mi-chemin de 2021, nous sommes complètement revenus là où nous étions avant. »

L’équité salariale en difficulté

Lors d’une conférence de presse mercredi matin, André Bernard, de Statistique Canada, a déclaré qu’il était difficile de déterminer ce qui se serait passé en 2020 sans l’aide gouvernementale, bien que certaines statistiques d’une année sur l’autre montrent les retombées négatives de la pandémie lorsqu’elle est vue de manière isolée.

La proportion de Canadiens touchant un revenu d’emploi a diminué par rapport à 2019, et plus de femmes que d’hommes ont abandonné le marché du travail. L’écart de rémunération entre les sexes persistait, les hommes gagnant 35 % de plus que les femmes, selon les taux de revenu médian.

En 2020, 113 835 Canadiens de moins ont touché un revenu d’emploi comparativement à 2019, et 415 585 de plus ont gagné moins de 20 000 $.

Pris isolément des prestations liées à la pandémie, les revenus d’emploi médians étaient en baisse par rapport à 2019 dans la plupart des provinces.

Plus des deux tiers des adultes canadiens, soit 68,4 %, ont reçu des prestations gouvernementales liées à la COVID-19, 27,6 % des adultes ayant reçu des aides fédérales d’urgence et de rétablissement, le plus souvent la PCU.

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