Une piétonnisation positive pour les artères commerciales de Montréal

Au total, 83% des établissements sondés ont connu une augmentation de leurs ventes avec la faveur aux marcheurs.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Au total, 83% des établissements sondés ont connu une augmentation de leurs ventes avec la faveur aux marcheurs.

La piétonnisation estivale des artères commerciales à Montréal pendant la pandémie semble avoir eu un effet positif sur l’expérience de la clientèle, même si les restaurants et les bars ont bénéficié davantage de ces nouveaux aménagements urbains encore repris cet été.

Ce constat général ressort d’un rapport synthèse commandé par le Service de développement économique de la Ville de Montréal à la firme Arpent. Le document d’une quarantaine de pages dont Le Devoir a obtenu copie date de décembre 2021. Il propose des constats pour « améliorer la piétonnisation dans les prochaines années » en misant sur trois grandes thématiques : l’écosystème de l’artère et le développement économique local ; l’accessibilité et les usages des lieux ; les aménagements et le design.

Une douzaine d’initiatives de rues commerçantes sans autos a été développée pendant la saison estivale 2021. L’objectif était d’aider les commerces de proximité à se relancer après les durs premiers mois de pandémie, mais aussi de faciliter le maintien de mesures sanitaires. La liste des zones reconfigurées comprend les rues Bernard, Masson, Wellington, Saint-Denis, Crescent et Sainte-Catherine et les avenues du Mont-Royal et Duluth.

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C’est le nombre d’initiatives de rues commerçantes sans autos qui ont été développées pendant la saison estivale 2021.

La majorité des personnes sondées dans les 12 artères affirment que la mutation urbaine les a encouragées à visiter plus souvent leurs rues transformées et à y dépenser plus. Les répondants de la rue Wellington, à Verdun, ont été encore plus dans ce sens, contrairement à ceux de la rue Masson. Les efforts d’aménagements urbains ont été très généralement appréciés.

Avenue du Mont-Royal, les visiteurs ont dit dépenser plus, alors que, dans les faits, les commerçants déclarent une baisse des achats moyens de 60 $ à 45 $ par personne entre le début et la fin de l’expérience.

Au total, 83 % des établissements sondés ont connu une augmentation de leurs ventes avec la faveur aux marcheurs. Les avantages procurés varient en fonction des types de commerce. Les restaurants et les bars affichent un taux de satisfaction plus élevé (7,4 sur 10) par rapport aux établissements de services (5,1 sur dix). Les artères avec le plus haut taux de satisfaction (Wellington, Sainte-Catherine Est et Ouest, Duluth, Quartier latin) ont d’ailleurs une plus grande concentration d’établissements de restauration et de divertissement.

83%
C’est le pourcentage d’établissements sondés qui ont connu une augmentation de leurs ventes grâce à la piétonnisation de leur artère.

La majorité des commerces sondés (57 %) attribuent en fait la diminution de leur clientèle à la pandémie plutôt qu’à la piétonnisation (15 %). Les ventes en ligne ont aussi explosé depuis deux ans, notamment pour les restaurants.

La transformation a aussi bouleversé les habitudes de transport. Les piétons et les cyclistes apprécient, tandis que les livraisons de marchandises ou le stationnement des véhicules des employés des commerces se compliquent. Les aménagements multiplient les entraves à l’accessibilité universelle. Il a aussi fallu détourner 18 parcours d’autobus.

57%
C’est le pourcentage des commerces sondés qui attribuent la diminution de leur clientèle à la pandémie plutôt qu’à la piétonnisation.

Les usagers sondés recommandent d’ailleurs d’améliorer l’offre de transport collectif autour des rues transformées. Le rapport suggère de mieux informer les usagers du transport en commun des détours des autobus, de développer une meilleure cohabitation des piétons et des cyclistes et de favoriser la livraison en amont des périodes de fréquentation intense des piétons, voire en vélo-cargos.

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