Air Canada annulera une partie de ses vols cet été

Des passagers consultent le tableau des départs et constatent plusieurs annulations et retards.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des passagers consultent le tableau des départs et constatent plusieurs annulations et retards.

Aux prises avec d’importants défis logistiques, la compagnie aérienne Air Canada devra finalement annuler une partie de ses vols prévus en juillet et en août, alors que le début de la saison estivale est marqué par d’importantes perturbations dans plusieurs aéroports.

Dans un courriel envoyé en soirée, le p.-d.g. d’Air Canada, Michael Rousseau, a expliqué ne pas avoir d’autres options que d’aller de l’avant avec « des réductions majeures de l’horaire en juillet et en août afin de réduire le nombre de passagers et la circulation ».

« Après plus de deux ans, les voyages à l’étranger reprennent et les gens veulent voyager à un niveau jamais vu auparavant dans notre industrie », écrit-il. « Cette résurgence du tourisme a créé des tensions imprévues et sans précédent », indique-t-il pour justifier le recours à l’annulation de vols.

En moyenne 154 vols — soit 77 allers-retours — par jour seront annulés en juillet et en août. Jusqu’à maintenant, Air Canada exploitait en moyenne 1 000 vols par jour. Les réductions affectent donc environ 15 % de l’horaire.

Les vols transfrontaliers et intérieurs assurés par des appareils de petite taille en soirée sont les plus susceptibles d’être annulés.

Aussi, la plupart des vols touchés sont au départ ou à destination des plaques tournantes de Toronto et de Montréal.

« Ces changements n’affectent pas nos vols internationaux, si ce n’est que quelques modifications d’heure », précise toutefois Air Canada.

La compagnie spécifie également que quatre services seront suspendus temporairement : Montréal–Pittsburgh, Montréal–Baltimore, Montréal–Kelowna, ainsi que Toronto–Fort McMurray.

« Les clients sont automatiquement avisés lorsque des vols sont annulés », stipule Air Canada, qui offrira soit des options de rechange s’il y en a de disponibles ou un remboursement.

Fort achalandage à l’aéroport Montréal-Trudeau

Mercredi matin, le p.-d.g. d’Aéroports de Montréal (ADM), Philippe Rainville avait lui-même appelé les compagnies aériennes à réduire leur offre pour retourner à un certain équilibre à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal dans les prochaines semaines.

« Mais c’est difficile, a-t-il reconnu. On ne veut gâcher les vacances de personne ».

« On n’est pas seulement revenus aux niveaux d’achalandage prépandémiques, souligne M. Rainville. En ce moment, en périodes de pointe, on est même au-delà des niveaux connus avant la pandémie. C’est une reprise nettement plus soutenue que celle à laquelle on s’attendait. »

La situation à l’aéroport est très difficile depuis plusieurs semaines. En témoignent les nombreux vols retardés ou annulés, les longues files d’attente et les amoncellements de bagages à l’arrivée.

La forte reprise des voyages, conjuguée à une importante pénurie de main-d’oeuvre, occasionne des problèmes logistiques dont les voyageurs pâtissent.

En attendant, ADM est en pleine campagne de recrutement pour avoir plus de personnel sur le terrain. Mais encore faut-il retenir les employés actuels, qui sont complètement à bout de souffle, explique M. Rainville, qui dit avoir dû conjuguer avec des départs.

Des taux de vols retardés élevés

 

Depuis plusieurs semaines, les compagnies aériennes sont soumises à de telles pressions qu’elles sont forcées de retarder ou carrément d’annuler leurs vols. Une situation répandue partout dans le monde, mais dont Air Canada semble souffrir particulièrement.

Mardi, Air Canada avait le taux de vols retardés le plus important parmi les compagnies aériennes dans le monde — alors que les deux tiers (66 %) de ses vols étaient différés cette journée, selon les données de FlightAware, une compagnie qui fournit des informations de suivi des vols en temps réel dans le monde.

Mercredi, la situation était tout aussi critique alors que 69 % des ses vols ont été retardés.

Y a-t-il des journées pires que d’autres à l’aéroport ? « Ça dépend des aéroports, mais, à Montréal, c’est l’hyper pointe en soirée », détaille M. Rainville.

Pour les départs, comme pour les arrivées, l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal se situait parmi les cinq aéroports dans le monde avec les taux de vols retardés les plus élevés, durant la journée de mardi, selon FlightAware. Le constat était le même mercredi, selon la même base de données, alors que près de la moitié des vols (47%) au départ de Montréal-Trudeau étaient retardés.

 

Pour ceux qui s’apprêtent à voyager et comptent franchir les portes de l’aéroport dans les prochaines semaines, le p.-d.g. d’Aéroports de Montréal recommande d’arriver trois heures à l’avance, d’opter pour un bagage allant en cabine plutôt qu’en soute (tout en s’assurant de bien vérifier que les produits s’y trouvant sont autorisés afin de ne pas ralentir la sécurité), mais aussi… de s’armer de patience.

Ce texte a été modifié après publication pour tenir compte de l’évolution de la situation.

À voir en vidéo