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Amtrak est toujours hors service, Bombardier tombe en Bourse

Washington — La majeure partie des trains à haute vitesse Acela Express d'Amtrak dans le nord-est américain étaient toujours hors service hier pendant que la compagnie tentait d'élucider la cause des fissures potentiellement dangereuses affectant les systèmes d'amortisseurs de neuf locomotives. En Bourse, l'action continuait d'être malmenée, avec un nouveau plongeon de 10 % hier.

Un porte-parole d'Amtrak, Bill Schulz, a indiqué que l'ensemble du service dans le très achalandé corridor du nord-est des États-Unis était réduit de 25 %, ce qui n'annonce rien d'encourageant pour la société ferroviaire en sérieuse difficulté financière.

Les trains Acela, construits par Bombardier en partenariat avec le groupe français Alstom SA, ont été mis sur rails à la fin 2000 afin de redorer l'image d'Amtrak. Or, Amtrak n'a jamais enregistré de bénéfices en 31 ans d'existence et a eu besoin d'une aide de 200 millions $US au début de l'été pour continuer ses activités jusqu'en septembre 2002. Le service Acela, qui transporte en moyenne 10 000 passagers par jour entre Washington, New York et Boston, s'avère moins reluisant qu'escompté en raison de problèmes techniques et de ponctualité.

Le titre de Bombardier continuait de reculer en Bourse hier, établissant un nouveau creux des 52 dernières semaines pour une deuxième journée consécutive. Il est descendu jusqu'à 7,70 $ avant de remonter et clôturer à 8,15 $, soit une baisse de 89 ¢, ou 10 %, depuis la veille.

Amtrak s'attendait à ce que le consortium de Bombardier et Alstom propose une solution temporaire plus tard dans la journée de mercredi. Les fissures se trouvent dans les pièces des amortisseurs aidant à régir le mouvement latéral des locomotives Acela, conçues pour une vitesse de pointe de 240 km/h.

Amtrak a trouvé une première fissure lundi lors d'un contrôle à Boston et des examens subséquents mardi ont révélé l'existence d'un problème plus grand. La compagnie dit avoir trouvé des fissures sur neuf des 11 locomotives inspectées. La compagnie en possède 18.

Une porte-parole de Bombardier, premier fabriquant mondial de matériel ferroviaire et troisième avionneur civil, a assuré que la société montréalaise collaborait pleinement avec l'enquête.

Amtrak compte remettre en service les trains suspendus d'ici quelques jours si une solution temporaire s'avérait satisfaisante aux yeux des autorités réglementaires américaines.

La compagnie avait commandé 20 trains pour 700 millions $US, mais a refusé d'accepter le 19e en disant que certaines modifications étaient nécessaires. Bombardier a dit que les deux dernières rames pourraient êtres prêtes ce mois-ci.

Par ailleurs, la firme Octagon Capital Corp. a annoncé hier qu'elle passait de «neutre» à «achat» sur le titre de Bombardier en raison de la récente faiblesse de son cours et des possibilités qui découleront de la tourmente dans l'industrie aérienne aux États-Unis. Une tourmente qui pourrait conduire les transporteurs aériens à sombrer dans leur capacité et à s'en remettre à des appareils de plus petit gabarit.

Le titre de Bombardier a perdu environ 26 % dans la dernière semaine et 20 % depuis lundi, affecté par les informations sur Amtrak mais aussi par l'annonce de US Airways de se placer sous la protection de la loi sur la faillite ainsi que l'élimination de 7 % de la main-d'oeuvre chez American Airlines, premier transporteur mondial.