L'industrie du cinéma se réjouit du geste de Québec

Répondant aux préoccupations de l'industrie cinématographique face à la longueur d'avance que l'Ontario s'est soudainement donnée, le gouvernement du Québec a annoncé hier une hausse du crédit d'impôt à l'intention des productions étrangères afin de «maintenir l'intérêt des producteurs étrangers à choisir le Québec comme lieu de tournage».

Comme le rapportait Le Devoir hier, ce crédit d'impôt sur les dépenses de main-d'oeuvre admissibles passera de 11 à 20 %, ce qui se trouve même à dépasser les mesures annoncées la semaine dernière à Toronto, où le gouvernement ontarien veut faire passer le taux de 11 à 18 % dès samedi. Le crédit d'impôt québécois pour les productions locales, qui représentent au moins les deux tiers de ce qui se tourne annuellement dans la province, demeure intact, à 30 %.

Le ministre des Finances, Yves Séguin, a indiqué dans un communiqué hier que cette aide permettra de «consolider la place du Québec dans cette industrie hautement concurrentielle». Il n'a pas précisé le moment précis de l'entrée en vigueur de cette mesure, ni ce qu'elle représente comme investissement additionnel de la part de Québec.

Se réjouissant de l'annonce qui «vise à donner un signal fort et clair», la ministre de la Culture, Line Beauchamp, a pour sa part renvoyé la balle dans le camp de l'industrie en disant que «d'autres gestes devront également être faits rapidement par le milieu, notamment en vue d'une meilleure structuration de la promotion du Québec comme lieu de tournage et de l'accueil des producteurs étrangers».

Mme Beauchamp faisait référence à l'organisme unique de développement et de promotion que veut se donner l'industrie québécoise d'ici avril. Ce projet est l'une des résolutions qui avaient fait consensus lors du récent Forum métropolitain de l'industrie cinématographique. L'industrie québécoise, qui dit représenter 35 000 emplois à temps plein pour une masse salariale de 1,4 milliard de dollars, affirme que la montée du dollar canadien et la concurrence de certaines autres provinces et d'États américains, notamment, auraient provoqué en 2004 une baisse des revenus atteignant parfois 50 %.

«Il y avait une certaine urgence de réagir étant donné le nombre de projets sur la table actuellement», a indiqué hier Daniel Bissonnette, commissaire au Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal. «À court terme, plus on attendait, c'est clair qu'il y a des productions qui allaient soit aller ailleurs, soit ne pas envisager Montréal pour une réalisation prochaine. [...] Il y a d'autres étapes à franchir, mais c'est un excellent pas.» Selon le commissaire du Bureau du cinéma Argenteuil-Laurentides, cette «excellente nouvelle» a pour effet de remettre le Québec «sur le marché».

On s'attendait par ailleurs hier à ce que l'autre pôle de tournage au pays, la Colombie-Britannique, emboîte le pas en annonçant à son tour une hausse du crédit d'impôt aux productions étrangères, qui se situe actuellement à 11 % là aussi. Notons que Toronto souhaite aussi faire passer de 20 à 30 % son crédit d'impôt aux productions canadiennes tournées en Ontario.