Des rendements en 2005 tributaires des aléas du dollar américain

L'année 2004 aura été une bonne cuvée en matière de rendement des placements, grâce à une vigueur de fin d'année observée en Bourse. Pour 2005, les prévisionnistes parlent de rendements plus modestes à prévoir la principale inconnue étant le comportement de la devise américaine. Par actif, les actions devraient encore avoir la cote.

Alors qu'il reste moins d'une semaine dans cette année, l'on peut d'ores et déjà proclamer le marché des actions comme étant le grand performant en 2004. La poussée de l'indice S&P/TSX, combinée au rendement moyen en dividende, devrait faire ressortir une progression de 11 %. C'est moins que celle de 26,7 % de 2003. Mais c'est mieux que l'augmentation de 4 % de l'indice américain S&P 500 lorsque convertie en dollars canadiens (de 9 % en dollars américains) et de celle de 9 % en dollars canadiens (de 14,5 % en dollars américains) d'un portefeuille représentatif d'actions internationales.

Dans les autres catégories d'actif, les obligations auront offert un gain moyen de 7 %, soit une performance similaire à celle de 2003 mais en-deçà des 8 à 10 % affichés en 2000-02. La poussée de 2004 a surpris. Elle n'est pas sans traduire le brusque changement dans les attentes du marché face au resserrement monétaire et à la tendance haussière du loyer de l'argent dans la foulée de la glissade du dollar américain.

D'ailleurs, et en faisant abstraction d'imprévus susceptibles d'influencer l'environnement géopolitique, le comportement du billet vert demeure le principal point d'interrogation en 2005. L'économiste en chef de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, Carlos Leitao, résume la situation en ramenant l'élément-clé de son scénario économique au «risque que la volatilité excessive de la devise américaine perturbe les marchés financiers».

Pour les analystes du Mouvement Desjardins, cette volatilité du billet vert devrait continuer à favoriser le marché obligataire pendant encore quelques mois. Mais sur l'ensemble de l'année, le marché des actions devrait avoir la cote. Les rendements seront toutefois plus modestes, avec une poussée moyenne de l'ordre de 1,5 à 4,5 % des titres obligataires, de 7 à 10 % des actions canadiennes (y compris les dividendes). «La progression des cours boursiers devrait être, en 2005, dans la limite inférieure de la fourchette moyenne à long terme de ceux-ci, soit aux environs de 6 % (de 8 % en incluant les dividendes).»

Et l'on mise sur une certaine stabilité du dollar canadien, ce qui aura pour effet d'ajouter du lustre à la détention d'actions américaines et internationales l'an prochain, avec des rendements attendus de l'ordre de 7,5 % et de 10 % respectivement (en dollars canadiens). Mais toujours cette inconnue. «Cette moins grande volatilité du huard devrait favoriser l'investissement canadien à l'étranger, une situation différente de celle qui prévalait au cours des deux dernières années. À moins que le réalignement des devises ne se fasse de façon beaucoup plus rapide et violente, scénario à ne pas exclure totalement.»