Abattoir Colbex: les négociations continuent malgré l'échéance

Photo: Jacques Nadeau

En fin de journée hier, les négociations se poursuivaient toujours entre les représentants de la Fédération de producteurs de bovins du Québec et ceux de la famille Cola à propos de l'acquisition de l'abattoir Colbex à Saint-Cyrille-de-Wendover. Les pourparlers se déroulaient dans la plus grande discrétion, comme cela a été le cas depuis le début. Pour tout dire, il était impossible de prévoir quand une annonce serait faite, à supposer qu'il y ait entente. On n'écartait même pas la possibilité de reporter l'annonce jusqu'en janvier.

Bref, c'en est fini de l'échéance qui avait été fixée au 20 décembre pour la signature d'une entente beaucoup plus élaborée que l'ébauche de principe dont on avait parlé dans la précipitation des dernières heures d'un congrès grandement survolté de l'Union des producteurs agricoles (UPA) à Québec au début de ce mois.

Il s'agissait alors, disait-on, d'une entente de principe portant sur l'acquisition de l'abattoir par la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ). Il y avait en outre, dans le cadre général de cette entente, l'engagement du gouvernement du Québec d'assurer le paiement aux producteurs pour les bovins de réforme une somme de 42 ¢ la livre à partir du lundi suivant, c'est-à-dire le 6 décembre. Françoise Gauthier, titulaire du ministère de l'Agriculture à Québec, affirmait qu'il y avait une entente à ce sujet avec son homologue fédéral, qui n'avait d'ailleurs pas daigné venir à ce congrès, bien qu'invité avec insistance par l'UPA. Dans les jours qui ont suivi, les porte-parole fédéraux ont d'ailleurs précisé qu'il n'y avait pas encore accord de leur part à cet engagement pris par Mme Gauthier.

Depuis, tout ce monde, semble-t-il, a continué de se parler. Pour sa part, Michel Dessureault, président de la FPBQ, affirmait dans les jours qui ont suivi le congrès sa conviction que toutes les pièces allaient être mises en place pour que la transaction se fasse et pour que ceux qui vendent des bovins de réforme touchent les 42 ¢ la livre tels que demandés par eux et promis par Mme Gauthier. Le paiement des 42 ¢, qui n'est pas encore atteint, sera rétroactif au 6 décembre, tel que promis par la ministre, répète Laurent Pellerin, président de l'UPA, qui était aux côtés de la ministre lorsqu'elle a pris cet engagement devant 2000 producteurs réunis dans la salle où avait lieu le congrès à Québec.

Il semble que cette question des 42 ¢ fasse toujours partie des négociations entourant l'acquisition de l'abattoir. On avait notamment parlé d'une application progressive de cette mesure grâce aux contributions des gouvernements. Bref, l'ensemble du dossier n'est pas nécessairement très simple.

Par ailleurs, les dirigeants de l'UPA avaient mentionné qu'ils avaient l'intention de rechercher des partenaires financiers, par exemple la SGF, Investissement Québec, le Fonds de solidarité FTQ et même des banques. Il a été impossible de faire confirmer si l'une ou l'autre de ces institutions aurait été impliquée de quelque façon que ce soit dans les négociations en cours.

Quoi qu'il en soit, à ce jour, malgré l'incapacité de respecter le délai du 20 décembre pour peaufiner l'entente de principe convenue au début du mois, les producteurs bovins, assure-t-on, sont toujours confiants que ces négociations connaîtront un dénouement heureux. M. Dessureault a toujours affirmé que les relations avec la famille Cola étaient excellentes, ce qui étonne tout de même puisque les producteurs ont empêché l'abattoir de fonctionner pendant plusieurs jours.

Il est cependant vrai qu'il y a environ un an, un porte-parole de la famille Cola avait affirmé au Devoir que les propriétaires de l'abattoir seraient d'accord pour discuter d'une offre d'achat que les producteurs pourraient leur présenter.

Au delà des apparences d'improvisation, il y a donc depuis assez longtemps une volonté de rapprochement entre ces partenaires qui cherchent encore une façon très concrète d'y donner suite. On sait que si la transaction est conclue, la famille Cola demeurerait gestionnaire de l'abattoir pendant une période minimale de cinq ans et conserverait une participation comme actionnaire à hauteur de 20 % dans l'entreprise.