Marchés boursiers - New York monte et Toronto est à la baisse

Les indices ont affiché de petits gains, hier aux États-Unis, les investisseurs ne s’inquiétant pas de bilans économiques mitigés en cette dernière séance complète avant la pause de Noël. La Bourse de Toronto, par contre, a reculé un peu, sur la faiblesse des services financiers; l’indice S&P/TSX a laissé 15,99 points à 9235,18.

«Les prochains trimestres risquent de s'avérer difficiles pour l'économie canadienne», entrevoit l'économiste Derek Burleton, de la Banque TD, car «les industries vouées à l'exportation ressentent encore l'impact de l'ascension du dollar». «Mais contrairement au ralentissement de cet automne, l'économie devrait être favorisée par l'assez bonne tenue d'industries qui font le gros de leurs revenus sur le marché intérieur», croit-il.

Sur le marché des changes, le dollar canadien est reparti à la hausse avec une avancée de 0,62 ¢ à 81,17 ¢US. D'autres devises ont gagné du terrain sur le billet vert; ainsi, la livre britannique a progressé de 1,03 ¢ à 1,9242 $US et l'euro a encore battu son record, prenant cette fois 1,23 ¢ à 1,3514 $US. Aux États-Unis, la Bourse américaine devrait finir 2004 à des niveaux jamais atteints depuis trois ans et demi malgré les cours élevés du pétrole et la dégringolade du dollar face à l'euro, qui continuera la semaine prochaine à beaucoup mobiliser l'attention des investisseurs.

Lors de cette semaine écourtée, les marchés étant fermés aujourd'hui à la veille de Noël, les indices boursiers ont continué sur leur lancée après l'enthousiasme suscité par une étonnante série de mégafusions depuis début décembre, notamment dans le secteur high-tech. Le Dow Jones a gagné 1,7 % sur les quatre séances de la semaine, terminant hier à 10 827,12 points. Il s'agit de son niveau de clôture le plus haut depuis le 13 juin 2001, où il avait terminé à 10 871,62.

L'indice composé de la Bourse électronique Nasdaq a progressé de 1,2 % à 2160,62 points, également un plus haut depuis juin 2001. L'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a gagné 1,3 % sur la semaine, clôturant hier à 1210,13 points.

«Historiquement, c'est une semaine positive pour le marché», a indiqué Art Hogan, stratège chez Jefferies. «Beaucoup d'argent arrive sur le marché en décembre, ce n'est pas différent cette année», a-t-il ajouté. Selon M. Hogan, la baisse continue du dollar face à l'euro «n'a pas d'effet au jour le jour sur le marché (boursier), l'impact est davantage macro-économique». L'euro a dépassé pour la première fois de son histoire le seuil de 1,35 dollar hier après une série d'indicateurs américains mitigés.

Côté indicateurs aux États-Unis, les dépenses de consommation n'ont progressé que de 0,2 % en novembre, soit beaucoup moins que le rythme de 0,8 % enregistré le mois précédent. Ce chiffre a déçu les analystes, car ils tablaient sur une hausse de 0,3 % par rapport à octobre. Ils espèrent désormais un bon mois de décembre pour sauver la saison de Noël.

D'autre part, l'indice composé du Conference Board a progressé de 0,2 % en novembre par rapport à octobre, une bonne surprise pour les analystes qui tablaient sur +0,1 %. Toutefois, les indicateurs laissent présager une certaine perte de vitesse de l'économie au tout début 2005 avant un rebond au printemps, a prévenu le Conference Board.

La période des fêtes se traduisant par l'absence de nombreux opérateurs, «on ne s'attend à rien de majeur» à la Bourse, hormis «beaucoup de mises à jour de portefeuilles» comme traditionnellement en fin d'année, a ajouté Art Hogan.