Les fournisseurs de services Internet redécouvrent les profits

Le Canada se classe aujourd’hui deuxième, derrière la Corée du Sud, au chapitre du taux de pénétration d’Internet.
Photo: Agence Reuters Le Canada se classe aujourd’hui deuxième, derrière la Corée du Sud, au chapitre du taux de pénétration d’Internet.

Les fournisseurs de services Internet ont affiché l'an dernier des profits pour la première fois depuis 1999, ceux-ci ayant continué de réduire leurs dépenses d'exploitation, dont la plus importante composante découle des coûts de télécommunications, a indiqué hier Statistique Canada.

Du même souffle, l'agence fédérale dévoilait une deuxième étude, sur l'industrie du développement de logiciels et des services informatiques, dans laquelle elle fait état d'une solide croissance des revenus en 2003, accompagnée de profits stables. Or, au même moment, alors que le dollar canadien remontait de plus de 20 %, les exportations étaient en baisse de 3,7 % par rapport à 2002, a-t-elle précisé.

L'enquête de l'agence fédérale sur les fournisseurs Internet, qui exclut les entreprises classées dans le secteur de la câblodistribution et de la distribution d'émissions de télévision, indique que, pour chaque dollar de revenu, ils ont engrangé en 2003 un profit de 16 ¢, comparativement à une perte de 5 ¢ en 2002. Quant aux revenus, ils ont progressé l'an dernier de 8 % à 1,6 milliard, un taux de croissance que Statistique Canada estime «élevé» bien qu'il s'avère inférieur aux rythmes de 13 % de 2002 et de 27 % de l'année précédente.

À ces revenus se butaient toutefois d'impressionnantes hausses des dépenses d'exploitation, dont la progression de 2000 à 2001, par exemple, se chiffrait à rien de moins qu'un taux fulgurant de 35 %. C'est l'époque où la population délaissait de plus en plus la connexion Internet par téléphone au profit de la connexion hausse vitesse, un mouvement de masse faisant en sorte que le Canada se classe aujourd'hui deuxième, derrière la Corée du Sud, au chapitre du taux de pénétration.

Mais les entreprises ont plus ou moins appliqué les freins par la suite, de sorte que les dépenses encourues en 2003 ont diminué de 13 % à 1,3 milliard. «Après une période d'augmentation importante des dépenses d'exploitation à la fin des années 1990, les fournisseurs de services Internet ont réussi en 2003 à réduire leurs dépenses pour une deuxième année consécutive», a indiqué Statistique Canada dans son rapport. «Le fait que les revenus ont continué d'augmenter et que les dépenses ont diminué de nouveau a permis aux fournisseurs de faire un profit.»

Le secteur des télécommunications est très axé sur les dépenses en capital et les importations d'équipement, et les fournisseurs de services Internet ne font pas exception. Par conséquent, l'agence a précisé que les télécoms sont encore le plus important poste de dépense de ces entreprises, lesquelles y affectent 31 % de leurs dépenses comparativement à 27 % pour les salaires, les traitements et les avantages sociaux. Plus particulièrement, les dépenses de télécoms ont reculé de 19 % en 2003, alors que la rémunération et les aspects connexes ont baissé de 10 %.

L'agence a précisé que les revenus provenaient à 41 % des services d'accès à large bande, ou haute vitesse, alors que l'accès par réseau commuté, c'est-à-dire par ligne téléphonique, comptait pour 30 % du chiffre d'affaires consolidé.

Les exportations de l'informatique reculent

Dans l'autre étude à saveur techno, sur l'industrie du développement de logiciels et des services informatiques, Statistique Canada a indiqué que le secteur a crû de 3,8 % l'an dernier pour un chiffre d'affaires total de 27,3 milliards. Les profits, quant à eux, sont demeurés stables à un peu plus de un milliard.

«Le taux de croissance est modéré si on le compare aux taux de plus de 10 % que ces industries avaient généralement enregistrés vers la fin des années 1990 et en 2000», a indiqué l'agence. «Toutefois, l'année 2003 a dépassé 2002, alors que le taux de croissance avait été inférieur à 1 %.»

Les revenus tirés des ventes à des clients de marchés étrangers se sont repliés de 3,7 % par rapport à 2002, et de 15,5 % comparativement à 2001, a poursuivi l'agence.

Le Québec comptait pour environ 21 % des revenus de cette industrie alors que la part du lion, 53 %, revient encore à l'Ontario, même si celle-ci ne cesse de diminuer au fil des ans.