La croissance américaine est revue en légère hausse

Washington — La croissance a été révisée en légère hausse aux États-Unis pour le troisième trimestre à 4 % contre 3,9 % estimé précédemment (en rythme annuel), laissant attendre une expansion robuste l'an prochain quoique sans doute un peu plus faible.

Cette révision est supérieure aux attentes des analystes qui tablaient sur un PIB en progression de 3,9 % après 3,3 % au trimestre précédent. «L'économie se redresse. Il reste peut-être des inquiétudes sur le rythme des créations d'emploi, mais du point de vue de la croissance, l'économie est en pleine reprise», souligne Chris Rupkey de la Bank of Tokyo Mitsubishi.

La réévaluation s'explique notamment par une révision à la baisse des importations américaines, a indiqué le département du Commerce.

Mais elle laisse inchangé le tableau général de l'économie américaine au troisième trimestre, caractérisée par une reprise des dépenses de consommation, un investissement des entreprises toujours dynamique et un net ralentissement des dépenses immobilières des ménages. «Cela réaffirme que l'économie américaine a une base solide pour continuer à croître», estime Sal Guatieri de la banque Wells Fargo.

Bush se félicite

Le président américain, George W. Bush, s'était félicité lundi de la croissance «forte» en estimant que «l'économie américaine dispose d'une base solide». Il avait toutefois précisé qu'il faudrait «en faire plus pour garder l'économie flexible, innovatrice et concurrentielle dans le monde», plaidant notamment pour la refonte de l'assurance vieillesse.

La Maison-Blanche prévoit un ralentissement de la croissance américaine à 3,5 % en 2005 après 3,9 % cette année.

Le ralentissement s'explique notamment par «une politique fiscale et monétaire moins stimulatrice» — autrement dit des remises d'impôts moins généreuses et une hausse des taux d'intérêt — associée aux prix élevés de l'énergie, selon M. Guatieri.

Jusqu'à présent, les taux d'intérêt toujours bas ont permis de soutenir les dépenses de consommation, qui ont littéralement porté à bout de bras l'expansion au troisième trimestre (+5,1 %). Après l'inquiétant passage à vide du printemps, cela explique combien le comportement d'achat des Américains en cette période de fêtes de fin d'année est suivi avec attention par les économistes.

Du côté des entreprises, l'investissement est resté soutenu au troisième trimestre (+13 % après 12,5 %), «reflétant notamment un regain de confiance en l'avenir», qui est de bon augure selon M. Guatieri. «Si l'investissement a été fort dernièrement, il devrait rester fort à l'avenir», estime l'analyste.

Calme dans l'immobilier

En revanche, l'appétit des ménages pour l'immobilier s'est brusquement calmé alors que les taux d'emprunt amorçaient leur lente remontée (+1,6 % après +16,5 % pour l'investissement résidentiel). L'immobilier a été l'un des piliers de la reprise alors que l'économie américaine tentait de surmonter l'après-11 septembre 2001.

Pas de quoi s'inquiéter cependant pour les analystes. «L'immobilier ne nous inquiète pas, il y aura peut-être un ralentissement, mais ce ne sera pas avant 2006», selon M. Guatieri.

L'année 2005 sera peut-être aussi l'année de l'amélioration pour l'emploi. «Le marché du travail pourrait connaître une forte croissance», après une année 2004 accablée par les prix exorbitants de l'énergie, la hausse des coûts d'assurance santé et l'instabilité géopolitique mondiale, selon le cabinet Challenger Gray et Christmas.

L'emploi est jusqu'à présent resté l'un des points faibles de la reprise, avec des créations de postes décevantes.