Une aide d’Ottawa aux jeunes pousses fort attendue de 450 millions $

Cette somme, très attendue par le milieu, avait été promise au secteur du capital de risque dans le budget de 2021.
Photo: La Presse canadienne Cette somme, très attendue par le milieu, avait été promise au secteur du capital de risque dans le budget de 2021.

Chose promise, chose due. La somme de 450 millions promise au secteur du capital de risque dans le budget fédéral de 2021 pour aider la création et le développement de nouvelles entreprises technologiques partout au pays est enfin prête à être distribuée. Ottawa donne quelques semaines aux gestionnaires de fonds pour faire une demande et promet des investissements avant la fin de l’année.

L’annonce était attendue depuis plusieurs mois par le secteur canadien du capital de risque et de l’innovation. Vu l’actualité économique des derniers mois, cet afflux de nouveau capital commençait même à presser. « Ce qui se passe en Ukraine, la pression provoquée par la situation en Chine sur les chaînes d’approvisionnement, l’inflation, tout ça peut avoir déjà eu un impact sur l’activité de financement dans certains secteurs d’investissement », constate d’ailleurs le p.-d.g. de Réseau capital, Guillaume Caudron.

L’activité d’investissement en capital de risque et de développement au Québec pour le premier trimestre de 2022 ne témoigne pas clairement du ralentissement que redoutent les observateurs dans ce secteur, même si les indices pointent vers un accès au capital qui ira en se compliquant dans les prochains mois, ajoute Guillaume Caudron. « Un seul trimestre ne permet pas de tirer de conclusion sur l’état du secteur, mais le contexte nous force à demeurer vigilants. »

Vu la direction prise ces dernières semaines par les Bourses, on peut imaginer que l’investissement privé sera plus frileux à l’avenir. « Il y a encore du capital de disponible pour les start-up et les projets prometteurs. À moyen terme, ce qui inquiète est la capacité qu’auront les fonds à se recapitaliser pour continuer à investir », résume le dirigeant de Réseau capital.

« Fonds de fonds » de 350 millions

C’est là où l’annonce d’Ottawa arrive à point. Le programme appelé Initiative de catalyse du capital de risque (ICCR) comprend une enveloppe de 350 millions de dollars qui sera réservée à des fonds d’investissement qui pourront à leur tour ensuite remettre ce capital à d’autres fonds spécialisés dans des créneaux plus pointus du capital de risque. Les fonds d’investissement intéressés doivent soumettre leur candidature d’ici le 23 juin.

Au Québec, Teralys Capital est un exemple de ces fonds qu’on surnomme « fonds de fonds ». Teralys a d’ailleurs participé au programme précédent d’Ottawa datant de 2013 et nommé Plan d’action sur le capital de risque. Dans le cadre de ce programme, les fonds privés devaient récolter 2 $ en financement privé pour chaque dollar reçu d’Ottawa. Comme cette formule a bien fonctionné la première fois, Ottawa a décidé de rehausser la barre ce coup-ci en exigeant 2,25 $ de capital privé pour chaque dollar reçu de l’ICCR.

À moyen terme, ce qui inquiète est la capacité qu’auront les fonds à se recapitaliser pour continuer à investir

Outre ces 350 millions, le programme comprend deux enveloppes supplémentaires de 50 millions de dollars chacune pour des fonds spécialisés. Le premier montant sera réservé à un maximum de sept fonds de capital de risque destinés aux sciences de la vie. La seconde somme servira à aider un maximum de cinq fonds « inclusifs » ciblant les groupes sociaux sous-représentés sur la scène techno canadienne : les femmes, les personnes non binaires ou LGBTQ+, ainsi que les entrepreneurs autochtones ou issus de communautés racisées. Les demandes pour ces fonds seront acceptées jusqu’en septembre prochain.

Au total, Ottawa souhaite voir les fonds de capital de risque récolter 1,8 milliard de dollars à travers son nouveau programme.

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