Les zones d’innovation sont en plein essor au Québec

Jean-François Venne
Collaboration spéciale
Le premier ministre du Québec, François Legault, accompagné du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, François Legault, accompagné du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon

En désignant les deux premières zones d’innovations (ZI) cet hiver, le gouvernement du Québec a donné un premier élan à son projet de création d’un vecteur d’innovation et de développement économique promis en 2020.

En février dernier, Québec annonçait le lancement de Sherbrooke quantique et de Technum Québec. La première se consacrera à l’essor des sciences et des technologies quantiques. On y attend des investissements de plus de 435 millions de dollars sur cinq ans, dont 131 millions déjà promis par le gouvernement.

Technum Québec, située à Bromont, se spécialisera plutôt dans le domaine des systèmes électroniques intelligents. Des investissements de plus de 255 millions de dollars y sont prévus pour les cinq prochaines années, dont 24,7 millions fournis par Québec. Le centre d’innovation C2MIy jouera un rôle important et s’est déjà vu promettre 19,5 millions de dollars de fonds publics pour soutenir des projets.

Un moteur économique

 

Les ZI s’inspirent de modèles similaires que l’on retrouve par exemple aux États-Unis, en Allemagne et en France. « La forme peut varier, mais la formule consiste toujours à concentrer les efforts de recherche et les services de soutien aux entreprises et à l’entrepreneuriat dans une région et un secteur économique déterminés », résume Pascal Monette, p.-d.g. de l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec (ADRIQ).

Lors du lancement des ZI, le gouvernement leur a donné le mandat de faciliter le passage de l’idée au marché, pour permettre la création et la croissance d’entreprises innovantes. « C’est un aspect important, parce qu’historiquement, le Québec a bien réussi dans le développement de la recherche et du développement, mais moins dans la phase de commercialisation », rappelle Pascal Monette.

Québec souhaite aussi que ces zones attirent davantage d’investissements privés, notamment étrangers, et favorisent une « croissance économique propre et durable ». Le lancement s’est d’ailleurs accompagné d’annonces d’investissement d’IBM, 1QBit, Pasqal et Eidos dans le cas de Sherbrooke quantique et, du côté de Technum Québec, de Black Pearl Technology, Teledyne DALSA et Aeponyx.

Facteurs de réussite

 

Le gouvernement aurait reçu une trentaine de candidatures depuis l’annonce du processus de sélection des ZI en février 2020. Quels éléments peuvent favoriser la réussite de tels projets ?

Lorsqu’il était membre du conseil d’administration de Technoparc Montréal, Pascal Monette a eu l’occasion d’aller visiter Kendall Square, une place derrière le célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), où l’on retrouve un regroupement biopharmaceutique composé de chercheurs, d’incubateurs et de services pour les entreprises. Avec l’ADRIQ, il s’est aussi beaucoup intéressé au National Network for Manufacturing Innovation (réseau national pour l’innovation manufacturière) américain.

En observant ces grappes industrielles américaines, l’ADRIQ recense certains facteurs de réussite. Parmi les plus importants viennent le leadership politique, la stabilité des politiques publiques et la pérennité du financement.

« Si le vent change de côté à chaque nouveau gouvernement, ça ne fonctionnera pas », prévient Pascal Monette. Les organisations locales de développement économique et de philanthropie, ainsi que les universités et infrastructures de recherche jouent un rôle crucial.

« La mission des ZI consiste justement à créer des liens entre ces acteurs et les entreprises et entrepreneurs afin de stimuler l’innovation et l’apparition de jeunes pousses dynamiques, soutient Pascal Monette. En ce sens, l’approche montre un beau potentiel. »

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