La Caisse de dépôt supprime son programme de commissions dirigées

Le président de la Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau, photographié aux bureaux montréalais de la CDP. L’organisme va désormais inclure ses commissions dirigés dans son budget d’exploitation par souci de transparence.
Photo: Jacques Nadeau Le président de la Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau, photographié aux bureaux montréalais de la CDP. L’organisme va désormais inclure ses commissions dirigés dans son budget d’exploitation par souci de transparence.

La Caisse de dépôt et placement du Québec abolit son programme de commissions dirigées — ou soft dollar dans le jargon financier — qui sont versées en sus des frais de courtage pour des services spécialisés tels que la recherche.

Ces coûts seront dorénavant inclus dans le budget d'exploitation de la Caisse, qui dit agir de la sorte par souci de transparence.

Dans un communiqué transmis hier, la Caisse dit vouloir suivre en cela «les meilleures pratiques recommandées par différents organismes de surveillance internationaux».

L'Association for Investment Management and Research (AIMR), établie aux États-Unis et qui définit les normes éthiques qui doivent guider les analystes financiers dans leur travail, s'est prononcée en faveur d'une plus grande transparence pour que les investisseurs aient une meilleure idée de ce qu'il leur en coûte en frais de courtage.

Paul Myners, un réputé gestionnaire britannique, a également dénoncé, dans une analyse commandée par le Conseil du trésor du Royaume-Uni, la prolifération de ces commissions soft qui enrichissent les firmes de courtage à l'insu des organismes de réglementation et des petits investisseurs.

Une porte-parole de la Caisse de dépôt, Isabelle Tremblay, a précisé que l'institution continuera de verser des sommes à des tiers pour des services spécialisés tels que la recherche, le développement de logiciels ou l'analyse. Ces services seront toutefois facturés directement plutôt que d'être inclus dans la commission globale versée au courtier.

L'analyse des dépenses d'exploitation de la Caisse permettra ainsi de savoir combien d'argent a été versé pour ces services qui nécessitent une expertise externe. Selon Mme Tremblay, les commissions dirigées ou soft dollar représentaient environ 10 % du total des commissions versées à des courtiers de plein exercice.

«Cette pratique des frais dirigés est encore largement répandue dans l'industrie et je crois que nous faisons partie de la première vague», des sociétés d'investissement qui agissent dans ce dossier, a dit Mme Tremblay.

Le fonds de retraite des enseignants ontariens, Teachers, ne verse pas de commissions dirigées.