Stelco suscite l'intérêt de deux acheteurs

Toronto — L'aciériste Stelco, qui fonctionne sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis janvier dernier, a suscité l'intérêt de deux nouveaux acquéreurs potentiels dans la seule journée d'hier.

Une déclaration d'intérêt est d'abord venue, en mi-journée, d'Algoma Steel, un concurrent de Stelco basé à Sault-Sainte-Marie, dans le nord de l'Ontario. Puis, en fin d'après-midi, après la fermeture des marchés, le conseil du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (Teachers) — la deuxième plus importante caisse de retraite au Canada — et l'entreprise minière Sherritt International Corporation ont annoncé une offre conjointe de recapitalisation de Stelco de 1,8 milliard de dollars.

L'offre est présentée par Island Energy Partnership (IEP), une coentreprise à parts égales de Teachers et Sherritt, qui est basée à Toronto.

«IEP a d'abord approché Stelco en janvier 2004, avant que Stelco ne se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, précise un communiqué conjoint. La proposition initiale d'IEP de moderniser et d'agrandir les actifs [...] de Stelco et de construire des installations de cogénération comprend maintenant une recapitalisation complète de Stelco.»

IEP, qui entend vendre de l'électricité produite à ses éventuelles installations de cogénération, dit vouloir permettre à Stelco de se libérer de la protection de la loi comme un producteur d'acier concurrentiel sur le marché nord-américain «avec un bilan solide, une meilleure trésorerie et un capital significatif voué à être investi à ses principales installations de Hamilton et du lac Érié».

Teachers et Sherritt sont déjà partenaires dans l'entreprise de production de charbon Fording basée dans l'Ouest canadien.

Stelco, qui est basée à Hamilton, en Ontario, fonctionne sous la protection de la loi, mais a quand même enregistré un bénéfice net de 100 millions au total aux deuxième et troisième trimestres 2004.

Un secret de Polichinelle

Algoma, le troisième producteur d'acier en importance au Canada après Stelco et Dofasco, a laissé savoir qu'elle s'intéressait à Stelco, sans faire d'offre concrète. La nouvelle, annoncée par voie de communiqué, était un secret de Polichinelle dans l'industrie.

Algoma, de Sault-Sainte-Marie, a elle-même été placée à deux reprises sous la protection de la loi des faillites par le passé.

Le p.-d.g. d'Algoma, Denis Turcotte, a affirmé hier que l'intérêt pour Stelco est compatible avec le programme de la compagnie d'examiner toutes les occasions pouvant accroître la valeur pour les actionnaires.

«Il y a un certain nombre de questions qui doivent être vues avec les actionnaires de Stelco pour qu'une acquisition réussisse, a dit M. Turcotte. Algoma ne va procéder avec une transaction seulement si ces questions peuvent être résolues de façon satisfaisante et si notre valeur pour les actionnaires peut être améliorée.»

En entrant dans la course, Algoma serait en concurrence avec des poids lourds internationaux comme la russe OAO Severstal et l'américaine US Steel. Toutes ces entreprises tentent de dépasser l'offre «paravent» de financement de 900 millions déposée par la Deutsche Bank. «Nous avons maintenant une offre de départ qui servira de référence contre laquelle les autres offres pourront être évaluées dans le cadre d'un processus ouvert, vigoureux et concurrentiel», avait affirmé Courtney Pratt, le p.-d.g. de Stelco le 29 novembre lorsque la Cour supérieure de l'Ontario avait approuvé la démarche.

Les autres offres pour l'acquisition de Stelco doivent être déposées d'ici le 31 janvier.

À la Bourse de Toronto hier, le titre de Stelco a pris 10 ¢ pour terminer la séance à 1,95 $.