Des consultations pour relancer le tourisme

Le ministre Randy Boissonnault est intéressé à mettre en place un projet pilote en immigration spécifique au tourisme.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le ministre Randy Boissonnault est intéressé à mettre en place un projet pilote en immigration spécifique au tourisme.

« Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible », a dit mercredi le ministre canadien du Tourisme, Randy Boissonnault, citant Albert Camus. « Prenons ce sentiment d’été invincible pour relancer le secteur en mieux. » C’est dans cet état d’esprit que le député franco-albertain a annoncé le début des consultations en vue d’une stratégie fédérale de tourisme postpandémique.

M. Boissonnault a commencé son allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain par une anecdote à propos de la métropole québécoise. En 2006, il a participé à une compétition sportive des Outgames, puis s’est retrouvé dans une foule au cœur du Village. « Pour la première fois de ma vie, j’étais dans la double majorité : francophone et homme gai. C’était une bouffée d’oxygène comme je n’en avais jamais senti auparavant », a-t-il lancé, déclenchant les rires de son auditoire.

Des projets attrayants

 

La nature inclusive du Québec et du Canada fait partie de ce que l’ancien conseiller spécial du premier ministre Trudeau sur les enjeux LGBTQ+ veut promouvoir auprès des touristes. L’aspect sécuritaire du pays, l’abondance d’activités de plein air, la gastronomie, le sport et la culture autochtone seront aussi mis en avant. Pour le reste, le ministre en poste depuis quelques mois veut entendre — jusqu’au 20 juillet — les idées du public et des entrepreneurs pour développer des projets attrayants.

Le milieu d’affaires s’attend d’ail-leurs à un retour des touristes étrangers cet été. Mais ce sera un défi de bien les accueillir, puisque la pénurie de main-d’œuvre fait rage. Des solutions à ce problème, dont le recrutement à l’étranger, doivent d’ailleurs être incluses dans la future stratégie. M. Boissonnault s’est notamment dit prêt à mettre en place un programme ou un projet pilote en immigration spécifique au tourisme.

« Je travaille étroitement avec le ministre [de l’Immigration] Sean Fraser », a-t-il assuré en entrevue au Devoir. Il a donné en exemple le programme pilote qui facilite l’accès à la résidence permanente des préposés aux bénéficiaires. « On va regarder si on peut faire la même chose en tourisme », a affirmé l’homme politique et entrepreneur.

Des temps encore difficiles

 

Rappelons que six associations d’hôteliers et de restaurateurs ont récemment demandé au fédéral de suspendre pour deux ans une exigence ralentissant l’arrivée de travailleurs étrangers temporaires dans leurs établissements.

Sans cette aide, ils jugent qu’ils manqueront dramatiquement d’employés cet été. Le cabinet de la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, s’est par contre montré peu ouvert à l’idée.

Pour les prochains mois, M. Boissonnault admet que ce sera « un peu difficile » d’améliorer la situation. Il juge toutefois qu’un travail de longue haleine, sur 5 à 10 ans, sera nécessaire pour attirer, former et garder une main-d’œuvre suffisante dans ce secteur dévasté par deux ans de pandémie.

Dans l’immédiat, un autre défi préoccupe aussi l’industrie du tourisme : l’engorgement dans les aéroports, qui serait le fait des tests aléatoires de dépistage de la COVID-19 et des contrôles de santé publique aux douanes. À cet effet, M. Boissonnault a assuré que l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, qui gère les mesures sanitaires dans les aéroports, embauchait et formait des employés pour faire diminuer les files d’attente.

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