Euronext et Deutsche Boerse courtisent la Bourse de Londres

Le London Stock Exchange fait aujourd’hui figure de joyau.
Photo: Agence Reuters Le London Stock Exchange fait aujourd’hui figure de joyau.

Paris — Les discussions vont bon train au sujet d'un éventuel rachat de la Bourse de Londres par celle de Francfort ou de Paris, désormais sur les rangs, alors que la direction de la société convoitée devait rencontrer hier séparément ses homologues d'Euronext et de Deutsche Boerse.

«Il y a de nombreux contacts, des réunions qui se tiennent entre les directions du London Stock Exchange [LSE], d'Euronext et leurs conseils», a indiqué à l'AFP une source proche du dossier, confirmant des informations parues dans la presse au sujet d'une réunion hier entre le patron d'Euronext, Jean-François Théodore, et son homologue du LSE, Clara Furse.

Une source à Francfort a indiqué de son côté que Werner Seifert, responsable de Deutsche Boerse, groupe qui gère la Bourse de Francfort, devait rencontrer également Clara Furse hier.

La société Euronext, qui regroupe déjà les places de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, s'est en effet ouvertement déclarée intéressée par le LSE lundi, indiquant l'avoir approché «en vue de discussions préliminaires», une semaine après une proposition d'offre de Deutsche Boerse à un peu moins de deux milliards d'euros au total.

Une bataille passionnante

Selon des spécialistes du secteur, Euronext pourrait faire une offre supérieure à celle de Deutsche Boerse, qui pourrait ensuite répliquer en relevant sa propre proposition, rendant très onéreuse une acquisition du London Stock Exchange, par rapport aux bénéfices espérés.

«Étant donné la complexité de l'affaire, un résultat final ne pourrait intervenir que d'ici quelques mois», estime toutefois Claire Langevin, analyste de la maison de courtage Exane BNP Paribas. «Le LSE fait aujourd'hui figure de joyau et il va y avoir une bataille passionnante. Le groupe Euronext ne laissera jamais la Deutsche Boerse s'en sortir aussi facilement, car c'est lui qui offre les meilleures possibilités de rapprochement, mais Deutsche Boerse pourrait avoir les poches plus remplies que lui», explique Hilary Cook, analyste de Barclays Stockbrokers.

Euronext pourrait proposer environ 10 % de plus que l'offre de Deutsche Boerse, mais il est difficile de justifier un tel prix par les économies de coûts espérées d'un rapprochement avec la Bourse de Londres, a calculé Claire Langevin. Deutsche Boerse pourrait renchérir et relever son offre pour l'emporter sur Euronext, selon Exane BNP Paribas, mais ce montant «serait une perte de valeur pour les actionnaires» de la Bourse allemande.

«Euronext peut offrir le meilleur projet industriel, Deutsche Boerse le prix le plus élevé, mais quoi qu'il en soit, le vainqueur devra surpayer son acquisition», résume Claire Langevin.