Relance de l’usine de bouletage de Pointe-Noire

L’annonce nourrit l’espoir de relance pour l’usine, construite en 1965, qui avait été fermée en 2013 en raison de la baisse des prix du fer.  Dust raised by a dump truck at a copper mine.
Jose Luis Stephens Getty Images L’annonce nourrit l’espoir de relance pour l’usine, construite en 1965, qui avait été fermée en 2013 en raison de la baisse des prix du fer. Dust raised by a dump truck at a copper mine.

Champion Iron nourrit de nouveaux espoirs quant à la relance de l’usine de bouletage de minerai de fer de Pointe-Noire située à Sept-Îles, presque une décennie après sa fermeture.

La société a annoncé, mardi, la signature d’une convention d’achat en vue d’acquérir l’usine, fermée depuis 2013, à la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire pour un montant de 2,5 millions de dollars. Elle mènera également une étude de faisabilité afin de relancer le projet en partenariat avec « un important aciériste d’envergure internationale ».

Une fois l’étude de faisabilité terminée, la rénovation de l’usine pourrait représenter un investissement de « plusieurs centaines de millions de dollars », a dit le chef de la direction de Champion, David Cataford, lors d’une conférence de presse à Sept-Îles. Il a évoqué une ouverture vers 2024 ou 2025, si le projet va de l’avant. L’usine pourrait transformer 6 millions de tonnes de minerai de fer. « L’usine de bouletage a besoin d’un peu d’amour, explique M. Cataford. Par contre, il y a quand même des infrastructures à l’intérieur de cette usine qui sont encore bonnes. On pense au broyeur. On pense à certaines installations. On pense au plancher. Ce sont des choses qui, aujourd’hui, coûtent encore assez cher et cette usine-là, elle les a. »

L’annonce nourrit l’espoir de relance pour l’usine, construite en 1965, qui avait été fermée en 2013 par Cliffs ressources naturelles en raison de la baisse des prix du fer. Le gouvernement avait racheté en 2016 les actifs qui sont détenus par le biais de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire. En 2019, l’entreprise américaine Bedrock Industries avait été pressentie comme un acheteur potentiel, mais la transaction espérée n’a pas vu le jour.

Participation de Québec

 

Les débouchés pour la production de l’usine ne font pas de doutes, juge le dirigeant. Si elle voit le jour, l’usine transformera un minerai de fer à haute teneur, produit au complexe minier du Lac Bloom, à Fermont, également exploité par Champion. Le fait que la société exploite sa propre mine différencie le projet des autres tentatives de relance, selon lui. « C’est la boulette qui va être la plus demandée dans le futur. Si on regarde les études de marché, la boulette à réduction directe va être autant demandée que le lithium au courant des vingt prochaines années, et la croissance va être aussi grande. C’est le matériau d’avenir. »

L’étude de faisabilité vise avant tout à comprendre les coûts des travaux nécessaires à l’usine. Le fait que l’entreprise investit déjà 2,5 millions de dollars pour acquérir l’usine et qu’elle compte effectuer certains travaux démontre la forte intention de Champion de réaliser le projet, a répondu M. Cataford.

Cette démarche est toutefois nécessaire pour s’assurer que le projet est viable à long terme, en tenant compte des coûts du projet. « On veut s’assurer que le projet est rentable dans le futur parce que la dernière chose qu’on voudrait, ça serait de démarrer un projet et reproduire ce qui est arrivé dans le passé, soit avoir à arrêter l’usine. »

L’emplacement de l’usine, à proximité des infrastructures ferroviaires et portuaires, est un grand atout pour le projet, croit Craig Hutchison, de Valeurs mobilières TD. L’analyste voit le prix d’acquisition de 2,5 millions de dollars comme un signe d’appui du gouvernement. « Nous croyons que les infrastructures et l’emplacement stratégique de l’usine valent beaucoup plus que 2,5 millions. Nous voyons donc cette annonce comme un appui fort de la part du gouvernement du Québec. »

Par le biais d’Investissement Québec, le gouvernement détient 8,4 % des actions en circulation de Champion, selon la firme Refinitiv.

Présent à l’annonce, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, s’est dit ouvert à contribuer financièrement à la réalisation du projet, mais a souligné que la société était maintenant sur une bonne lancée, ce qui pourrait faire en sorte qu’un soutien financier ne serait pas nécessaire, cette fois-ci. « Quand le marché des capitaux est capable de financer un projet, le gouvernement doit prendre un peu de recul par rapport à ça. »

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