Le vieillissement des agriculteurs s’intensifie au pays

Les jeunes de moins de 35 ans sont de moins en moins nombreux à vouloir et à pouvoir prendre les rênes des fermes.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les jeunes de moins de 35 ans sont de moins en moins nombreux à vouloir et à pouvoir prendre les rênes des fermes.

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le Courrier de l’économie » du 16 mai 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Les agriculteurs vieillissent. C’est un état de fait : 6 exploitants agricoles sur 10 (60,5 %) avaient plus de 55 ans en 2021, selon les plus récentes données du recensement de l’agriculture. Réalisé tous les quatre ans, cet exercice nécessaire pour avoir un portrait de ce qui se déroule dans le secteur a été publié la semaine dernière par Statistique Canada.

Si le phénomène n’est pas nouveau, force est de constater qu’il s’intensifie. Lors du précédent recensement — celui de 2016 —, c’était près de 54,5 % des exploitants qui étaient âgés de plus de 55 ans. Et ce que cela suppose pour la relève est d’autant plus évident que la proportion de jeunes agriculteurs continue de fléchir. Les jeunes de moins de 35 ans sont de moins en moins nombreux à vouloir et à pouvoir prendre les rênes des fermes.

Changements climatiques

 

Pourtant, ce sont ces mêmes agriculteurs qui devront adapter le secteur, névralgique et nécessaire à l’humain, aux changements climatiques et aux phénomènes météorologiques extrêmes. Cette course à l’adaptation est déjà bien entamée, comme on peut le constater dans ce plus récent recensement de Statistique Canada.

Au cours des cinq dernières années, de plus en plus d’agriculteurs ont déployé efforts, énergie et ressources pour s’adapter aux réalités changeantes du climat. Ils ont été plus nombreux à transformer leurs pratiques agricoles en favorisant, par exemple, l’enfouissement d’engrais vert ou encore l’ensemencement de cultures de couvertures d’hiver.

Ils sont aussi plus nombreux à avoir choisi des exploitations agricoles mieux adaptées aux conditions plus chaudes et plus sèches, comme l’orge. Idem pour la production d’énergies renouvelables, qui est de plus en plus populaire dans les fermes canadiennes. Appuyés par les politiques et les programmes gouvernementaux qui l’encouragent, nombre d’entre eux ont fait le grand saut.

En 2021, le nombre d’exploitations agricoles qui ont déclaré produire de l’énergie renouvelable — principalement du solaire — a en fait doublé, passant de 10 185 exploitations en 2016 à 22 576 en 2021, soit près d’une ferme sur huit (11,9 %).

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