Des climats de travail inquiétants, selon Henri Massé

Le président de la plus grande centrale syndicale au Québec, la FTQ, Henri Massé, se dit inquiet de voir le climat de travail envenimé dans certaines entreprises au Québec.

«Je trouve ça inquiétant», a-t-il confié lors d'un point de presse qui a suivi une conférence de presse du Fonds de solidarité de la FTQ. «Dans les trois ou quatre dernières années, on commençait à se sortir la tête de l'eau, avec de bons règlements, des augmentations de salaire réelles, des améliorations aux régimes de retraite. On a fait des bonnes ententes pour faire reculer la précarité, qui avait gagné beaucoup de terrain ces 15 dernières années». Le vent a toutefois tourné, au cours des derniers mois, à cause de quelques conflits. «On a eu un printemps chaud et un été chaud à cause de quelques gros dossiers. Dans le reste, ça va pas pire.»

Du même souffle pourtant, il ajoute: «On dirait que depuis cinq ou six mois, il y a une deuxième, une troisième vague qui se réinstalle», une vague de conflits durs et complexes. Il faut dire que la FTQ représente, par les différentes sections locales de son Syndicat canadien de la fonction publique, le syndicat des employés de Vidéotron, de même que celui des agents de Sécur.

«Il y a des limites à pomper le système et à exiger des travailleurs et des travailleuses», a fait valoir le dirigeant de la centrale d'un demi-million de membres. Au cours de la dernière décennie, rappelle-t-il, «les profits ont été au rendez-vous, alors que les salaires réels des travailleurs sont restés à peu près à zéro; ça fait juste une couple d'années qu'on commence à améliorer nos affaires».

Bien que certains syndicats commencent à avoir une image ternie, à cause de ces conflits difficiles, M. Massé croit qu'ils n'ont pas à courber l'échine devant des demandes exagérées des employeurs. «Le syndicat a la responsabilité de ne pas essuyer le recul qu'il ne devrait pas essuyer.»

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