Bénéfices records au premier trimestre pour Hydro-Québec

La société d’État a indiqué, vendredi, que son bénéfice net avait augmenté de 421 millions $, ou 25,6 %, pour s’établir à 2,06 milliards $, au premier trimestre.
Olivier Zuida Le Devoir La société d’État a indiqué, vendredi, que son bénéfice net avait augmenté de 421 millions $, ou 25,6 %, pour s’établir à 2,06 milliards $, au premier trimestre.

Le bénéfice trimestriel d’Hydro-Québec a franchi le cap des 2 milliards de dollars « pour la première fois de son histoire ». Le mois de janvier particulièrement froid a soutenu la demande et la guerre en Ukraine a entraîné une hausse des prix de l’électricité exportée.

La société d’État a indiqué, vendredi, que son bénéfice net avait augmenté de 421 millions de dollars, ou 25,6 %, pour s’établir à 2,06 milliards au premier trimestre.

« Nous amorçons l’année avec une performance financière digne de mention, qui s’est inscrite dans un contexte marqué par des températures basses et par une forte hausse des prix sur les marchés de l’énergie », a résumé Jean-Hugues Lafleur, chef de la direction financière d’Hydro-Québec, en conférence de presse.

Le mois de janvier a été le plus froid depuis 2004 avec une température moyenne de -14 °C, contre -7 °C l’an dernier. À elle seule, la température a conduit à un accroissement de la vente d’électricité de 3,6 TWh, générant des revenus de 311 millions de dollars.

Au total, la vente d’électricité au Québec a bondi de 5,3 TWh, ce qui a mené à une hausse de revenus de 546 millions, à 4,39 milliards. Ce chiffre a toutefois été contrebalancé par les achats d’électricité pour combler la demande durant l’hiver, qui ont augmenté de 269 millions de dollars.

La crise énergétique mondiale provoquée par linvasion russe en Ukraine a entraîné des conditions favorables pour l’exportation de l’électricité québécoise au cours du premier trimestre. « C’est malheureux, mais on en bénéficie », reconnaît M. Lafleur.

« Le mazout, le charbon, le gaz naturel, qui sont des intrants pour faire de l’électricité dans les marchés voisins, il y en a beaucoup qui est exporté en Europe, explique-t-il. Ça amène une incidence de prix plus élevés. »

Le prix de vente moyen hors Québec s’est établi à 7,4 ¢ / kWh, contre 5,1 ¢ / kWh à la même période l’an dernier.

Sans les produits de couverture qu’elle utilise pour réduire la volatilité des prix, Hydro-Québec aurait obtenu encore plus. Le prix moyen aurait été de 11 ¢ / kWh, a précisé le chef de finances. « Il faut remonter à 2008 pour avoir des prix aussi élevés que ça. Par les années passées, on travaillait aux alentours de 4 ¢ / kWh. »

Si la stratégie de couverture de la société d’État semble avoir fait manquer une occasion d’engranger encore plus de profit au premier trimestre, se protéger contre les fluctuations du marché est une stratégie payante à long terme, estime M. Lafleur. Hydro-Québec profite d’ailleurs des prix élevés pour fixer une partie de ses ventes futures à des prix élevés à l’aide de produits de couvertures.

Malgré la forte demande, Hydro-Québec a toutefois dû réduire ses exportations de 1,8 TWh par rapport à l’an dernier en raison des besoins accrus des consommateurs québécois durant la période de grand froid. Le bénéfice net tiré des ventes hors Québec a, malgré tout, augmenté de 115 millions.

Par ailleurs, Hydro-Québec, qui a émis l’équivalent de 1 milliard de dollars en titres de dettes au premier trimestre, n’échappe pas à la hausse des taux d’intérêt, mais elle remplace toujours ses dettes qui arrivent à échéance par des émissions à taux plus bas, a précisé M. Lafleur.

« On remplace des dettes qui avaient été émises au début des années 1990 pour financer la phase 2 de la Baie-James. Il faudrait que les taux remontent à 9 % ou 10 % [pour que le renouvellement de la dette se fasse à un taux qui est moins avantageux]. On est encore loin de ça. »



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