Le taux de chômage à un creux record

Côté québécois, l’emploi a diminué, quelque 27 000 emplois ayant disparu au Québec, tous des emplois à temps plein, ce que Statistique Canada a attribué aux baisses dans la construction et dans les services d’enseignement.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Côté québécois, l’emploi a diminué, quelque 27 000 emplois ayant disparu au Québec, tous des emplois à temps plein, ce que Statistique Canada a attribué aux baisses dans la construction et dans les services d’enseignement.

Le taux de chômage a reculé à un nouveau creux record en avril, alors même que la cadence de la création d’emplois ralentissait, suggérant un resserrement du marché du travail.

Statistique Canada a indiqué vendredi que le taux de chômage avait diminué à 5,2 % en avril, pendant que l’économie a créé 15 300 emplois. Il s’agit d’une légère baisse par rapport au précédent taux de chômage record de mars, qui s’était établi à 5,3 %, alors que 72 500 emplois avaient été créés.

Côté québécois, l’emploi a diminué, quelque 27 000 emplois ayant disparu au Québec, tous des emplois à temps plein, ce que Statistique Canada a attribué aux baisses dans la construction et dans les services d’enseignement. Le taux de chômage a néanmoins reculé de 0,2 point de pourcentage pour atteindre le creux record de 3,9 %.

« Tous ces indicateurs que nous examinons racontent la même histoire, et c’est l’histoire d’un bassin de main-d’œuvre en diminution et d’un marché du travail en surchauffe », a observé Tu Nguyen, économiste au cabinet d’expertise comptable et de conseil RSM Canada.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, a noté que le gain modéré de l’emploi signalait des conditions beaucoup plus normales, mais aussi une situation dans laquelle l’offre de nouveaux travailleurs pourrait commencer à être la principale contrainte à la croissance. « La Banque du Canada ne verra là rien pour la dissuader de s’écarter de sa trajectoire de resserrement, pas avec une inflation globale s’approchant de 7 % », a-t-il écrit dans une note aux clients.

« La seule nouvelle, ici, qui pourrait ultimement aider à limiter les hausses de la banque est le calme soutenu du côté des salaires », a affirmé M. Porter. Le salaire horaire moyen a augmenté de 3,3 % d’une année à l’autre en avril, comparativement à un gain annuel de 3,4 % en mars.

Créations d’emplois aux États-Unis

Au sud de la frontière, les entreprises américaines ont continué en avril à multiplier les embauches, une tendance saluée par Joe Biden, qui y voit le résultat de sa politique économique. Malgré des coûts plus élevés en raison d’une pénurie de main-d’œuvre chronique et d’une inflation record, les employeurs ont ajouté 428 000 nouveaux emplois à l’économie en particulier dans les secteurs des services, dans l’industrie manufacturière et les transports, ceux qui ont été les plus durement touchés par la pandémie.

En deux ans, l’économie américaine a recréé près de 95 % des 22 millions d’emplois détruits lorsque la pandémie de COVID avait paralysé l’activité économique et plongé les États-Unis dans une profonde récession au printemps 2020. Le taux de chômage est resté à 3,6 %, proche de son niveau de février 2020 à 3,5 %, son plus bas taux depuis 1969.

L’offre de main-d’œuvre au cours de la dernière année n’a toutefois pas suivi la vague record de créations d’emplois. Depuis un an, les entreprises sont ainsi confrontées à des pénuries de salariés après de nombreux départs à la retraite pendant la pandémie, et des démissions massives chaque mois pour trouver de meilleures conditions d’emploi.

Selon une enquête du ministère du Travail publiée cette semaine, le pays comptait plus de 11 millions d’emplois disponibles en mars, un record.

Pour tenter d’attirer les candidats, les entreprises du secteur privé ont amélioré les conditions salariales, multipliant les primes à l’embauche et proposant désormais des avantages sociaux plus généreux. Cela a alimenté la hausse des salaires, qui ont augmenté de 0,3 % en avril par rapport à mars. Sur un an, ils ont avancé de 5,5 %, un bond toutefois insuffisant pour compenser l’inflation annuelle, qui a atteint 8,5 % en mars, au plus haut depuis 40 ans.

Avec l’Agence France-Presse

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